orekh

A lire ou à écouter en russe ici : 

http://echo.msk.ru/programs/repl/1365580-echo/

"Oleg Korchounov, vice-président d'une direction économique a annoncé le projet suivant : ceux qui purgent leurs peines en prison ou dans des camps pourraient être employés à l'aménagement territorial de Sotchi et à la construction du pont sur le bras de mer de Kertch qui sépare la Russie de la Crimée.

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Pourquoi Poutine n'est pas Staline ? Pourquoi notre système n'est pas une dictature ? Pourquoi ne peut-on pas appeler "répressions" les contraintes que nous subissons actuellement ? Pourquoi  ne ressuscitons-nous pas l'Union soviétique, mais fabriquons sa parodie ? Ne serait-ce que parce que, avec le camarade Staline, des millions de zeks suaient jour et nuit sur d'innombrables chantiers, que grâce à eux le pays battait des records d'industrialisation et réalisait ce dont les communistes sont si fiers, avec la fameuse phrase "Staline a reçu une Russie qui travaillait à l'araire et l'a laissée détentrice de la force nucléaire. D'où toutes les répressions pour obtenir ce résultat.

Au rythme d'une paranoïa idéologique, le Parti a fait travailler une armée de bras gratuits, qu'on pouvait remplacer autant que nécessaire. Notre gouvernement aujourd'hui ne fait rien de tel. Si Staline a vraiment construit un puissant état industriel, capable de participer à une guerre mondiale, nos dirigeants actuels ne construisent rien du tout, ils ne font qu'extirper les ressources naturelles de la terre et composter les cervelles des gens. Tous leurs projets d'aménagement des grands espaces et de développement de la production, ils n'en parlent que pour la frime.

Et tout d'un coup ! Tout d'un coup, ils ont vraiment décidé de mettre leur verbiage en pratique ! D'autant plus que l'ennemi resserre son étreinte, que le serpent des sanctions s'enroule autour de nous et qu'on risque de l'avoir dans le baba. Qu'on le veuille ou non, il faut donc développer la production industrielle, mais avec quelle main-d'oeuvre ? Notre population n'est pas assez nombreuse pour un super-état comme le nôtre. En plus elle est malade et alcoolique. Il faut donc faire venir de l'étranger des millions d'immigrés illégaux. Mais on ne bouchera pas les trous rien qu'avec des Tadjiks. D'autant plus que les aborigènes russes les détestent. Et il serait dangereux d'importer sans arrêt un trop grand nombre d'Asiatiques. Il faut donc tirer les leçons de notre expérience historique : on a des centaines de milliers de zeks chez nous !

Il paraît que cela coûterait un fric fou de construire un pont à Kertch ? Eh bien, on y envoie des zeks, ça va faire des économies. Mais quand on construit un pont pour pas cher, la tentation est vite grande d'utiliser la même méthode pour d'autres chantiers. Il faudra de nouveaux zeks. Oh, mes frères, ne voyez-vous pas quels horizons séduisants s'ouvrent à nous ?"