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Секреты террористов/боевиков/ополченцев. Часть первая. Детали контракта.

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Les secrets des terroristes/combattants/insurgés. 1ère partie : Les détails du contrat

Les mercenaires qui partent pour le Donbass signent un CDD. Avant que les bureaux militaires russes n'aient commencé leur phase active de recrutement, il y avait même des contrats d'une semaine, du genre "allez-y pour une semaine, voyez comment ça se passe et si cela vous va, restez-y."

La plupart des contrats vont de un à trois mois. La traversée de la frontière n'est pas toujours facile, le renouvellement répété du contingent a des conséquences négatives sur l'esprit guerrier, mais la rotation est cependant nécessaire pour éviter les désertions. Bien sûr, cela est impossible pour ceux qui sont au feu ou dans des villes assiégées, comme Gorlovka.

La majorité des terroristes retournent dans la zone de l'opération antiterroriste après un court repos : des vacances tous frais payés en Crimée pour qu'ils n'aient pas l'idée de revenir chez eux. Au bout du 2ème ou 3ème retour au front, le combattant change de statut, il devient "vétéran expérimenté".

Il y a dans les groupes de combattants un noyau qui n'est jamais renouvelé : ce sont les commandants, les spécialistes du GRU et du FSB (ils travaillent sous couverture), les éléments déclassés qui n'ont ni domicile ni famille en Russie et les criminels recherchés sur le territoire de la Fédération russe.

Les commandants n'ont pas le même type de contrat que les autres. Ils reçoivent leurs paies sur un compte off-shore et, si nécessaire, leur exfiltration est assurée. Quand Mozgovoï s'est tourné vers le banditisme et a voulu renverser Bolotov pour que le pouvoir dans l'oblast de Lougansk tombe entre les mains d'Efrémov (chef du Parti des Régions à la Rada), il a été rapidement rappelé à Moscou pour rééducation. Il lui a été expliqué qu'un compte de plusieurs millions de dollars quelque part dans les Antilles et un passeport "off-shore" lui permettant d'aller dans le pays de son choix sans visa, c'était beaucoup mieux que l'argent qu'il pouvait gagner grâce aux subventions du Parti des Régions ou en rançonnant les businessmen locaux.

Combien coûte un terroriste ? La formule magique "100 dollars par jour" a tout de suite alléché les combattants. Pour la plupart des russes et des ukrainiens, cette somme est le rêve de toute une vie. (Cela ne concerne pas, bien sûr, les spécialistes qui peuvent recevoir jusqu'à 300 dollars par jour.) Toutefois, on constate qu'en fonction du groupe auquel ils appartiennent, certains combattants "de base" peuvent ne recevoir que 50, voire 20 dollars. C'est souvent fonction de la durée de leur engagement et de l'organisation  qui les a recrutés.

Quelles garanties ont ces terroristes ? Aucune. C'est une guerre secrète et  l'intervention directe de la Russie ne doit jamais être révélée. Aucun papier ne se trouve entre les mains du mercenaire, en dépit du fait qu'il a signé toute une pile de documents (promesse de silence, engagement de n'émettre aucunes prétentions, preuves qu'il n'était pas dans le Donbass, mais quelque part dans le cercle arctique ou en Sibérie à extraire du gaz ou dans la Kolyma à chercher de l'or), ce qui permet de pouvoir affirmer ultérieurement devant un tribunal qu'il est mort là-bas, qu'un ours l'a tué et qu'il ne reste plus rien de lui.

Cela est très pratique pour le recruteur : l'argent n'étant remis qu'à la fin du contrat, si le mercenaire est tué, il n'a rien à payer. La disparition du terroriste est donc tout bénéfice pour lui. Les caissiers du FSB ou d'autres organisations gouvernementales qui sont chargés de régler les paies et les primes en profitent alors pour s'accorder des "honoraires" sur ces sommes non-versées. Et même si le combattant revient du front, rien ne les empêche de prélever un "pourboire", comment le mercenaire pourrait-il prouver qu'il s'est battu dans le Donbass ?

Voilà pourquoi cette machine gigantesque qui approvisionne l'est de l'Ukraine en hommes et en armement a tout intérêt à voir se prolonger le conflit. La guerre permet à ces "services" d'engranger des sommes qui iraient en temps de paix à des programmes sociaux ou à l'organisation de toutes sortes d'Olympiades.

Il y a parfois des conflits autour du contrat, la Russie ayant pour habitude de ne jamais régler complètement ses commandes. C'est en en arrivant dans le Donbass que le mercenaire apprend que "100 dollars par jour", c'est par jour de combat. Pas de combat, pas d'argent ou beaucoup moins. Il découvre aussi, après un certain temps, que ses camarades ne recoivent pas la même somme que lui. Qu'un recruté local gagne moins, c'est dans l'ordre des choses, mais que lui, un Russe de telle ville ait moins que cet autre Russe qui vient d'une autre ville, c'est inacceptable ... 

Les primes ne sont payées qu'aux spécialistes hautement qualifiés : snipers, pointeurs-artilleurs, canonniers de blindés ou tireurs lance-missiles. Leur paie par jour est la même, mais elle est augmentée de primes pour chaque soldat ukrainien tué, chaque blindé touché ou chaque position gagnée.

Maintenant que l'armée ukrainienne gagne du terrain, les commandants sont obligés de promettre des primes même aux "locaux" non qualifiés, afin d'encourager leur ardeur ...

(à suivre)