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Журналист Альбац : Путин начал понимать, что чекистское окружение завело его не просто в тупик — в кошмар.

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Evguénia Albatz, une célèbre journaliste politique russe :

« Jamais encore dans l’histoire de la Russie post-soviétique notre pays ne s’était trouvé dans une situation aussi monstrueuse qu’aujourd’hui. Toutes les options sont possibles, depuis la guerre jusqu’à un putsch au Kremlin. C’est pour cela que, comme jamais avant, une lourde responsabilité repose sur l’élite, sur ceux qui ont l’oreille de Poutine, car ni la société civile, ni les médias, ni les leaders d’opinions n’ont accès à lui.

C’est d’une nécessité absolue, parce que la déclaration nocturne de Poutine après la tragédie du Boeing  puis la réunion urgente du Conseil de Défense nous indiquent que Poutine a commencé à comprendre que son entourage tchékiste, intéressé à voir retomber le rideau de fer et à provoquer la guerre de tous avec tous, ne l’avait pas simplement conduit dans une impasse, mais qu’il l’avait mené au cœur d’un cauchemar qui donnerait de lui, pour la postérité, l’image d’un homme ayant sur les mains le sang des enfants innocents qui voyageaient dans ce Boeing.

L’Histoire ne se souviendra pas du « commandant en chef de Donetsk » Strelkov-Guirkine, celui qui a donné l’ordre, si Internet ne ment pas, de remettre tous les objets précieux trouvés dans les bagages des victimes au trésor de guerre de sa "république", elle ne se souviendra pas du bandit qui tenait d’une main la peluche d’un jeune enfant et de l’autre une cigarette, elle ne se souviendra pas de ceux qui jetaient les restes des victimes dans un camion, comme des bouchers lancent des morceaux de viande. L’histoire les oubliera tous.

Mais Poutine, l'Histoire ne l’oubliera pas. Et son lien avec la catastrophe de la Malaysia Airlines non plus. Ce sera son cauchemar jusqu’à la fin de ses jours. Et notre cauchemar aussi. Si toutefois il n’arrive rien de plus terrible encore … Et pour que cela n’arrive pas, ces gens que Poutine écoute doivent faire taire leur craintes dérisoires d’être dépossédés de leur business, ils doivent expliquer au Président que le jour est venu pour lui de choisir, que le temps des petites frappes qui se tiennent les coudes est terminé et que le plus important est l’avenir du pays. Et que son avenir à lui, Poutine, dépend aussi de ce choix. Parce que ces petites frappes, de toute façon, ne lui pardonneront pas d’avoir, selon eux, cédé devant les occidentaux et, tôt ou tard, ils le prendront à la gorge.

Aujourd’hui, il a encore une chance de ne pas franchir la ligne et c’est maintenant que l’élite doit prouver qu’elle est vraiment une élite et pas une bande de rapaces et de peureux qui n’ont pour horizon que les plaisirs faciles et le nombre de zéros sur leurs comptes en banque. Un horizon derrière lequel il risque de n’y avoir plus rien.»

Евгения Альбац