1ère partie : http://ukraine2014.canalblog.com/archives/2014/07/28/30324710.html

2ème partie : http://ukraine2014.canalblog.com/archives/2014/07/29/30330698.html

terroristes

3ème Partie : Le recrutement avant le début de l'action antiterroriste.

http://garmata.org/index.php/diversanti/separasti/162-sekrety-terroristov-boevikov-opolchentsev-chast-tretya-gde-i-kak-ikh-verbovali-do-nachala-ato

Etape 0 : Recrutement des terroristes

Poutine a commencé à préparer l’invasion de l’Ukraine dès février 2013. Les services russes envoyaient depuis longtemps leurs agents en Ukraine, mais c’est à cette date qu’ont débuté les enrôlements de masse pour les futures DNR et LNR.

Recrutement dans trois directions :

- Infiltration des structures de forces ukrainiennes (Sécurité ukrainienne, Ministère de l’Intérieur ukrainien, milice et armée ukrainiennes). Ceci explique que les bâtiments officiels de ces administrations ont été pris rapidement et sans résistance par des terroristes en petit nombre.

- Recherche des personnages politiques qui seraient mis un an plus tard à la tête des pseudo républiques. Mais un problème est vite apparu : les membres du Parti des Régions occupant tous les postes clé du Donbass, ils étaient en quelque sorte déjà enrôlés de facto. Il fallait donc trouver de nouvelles figures, situées à la périphérie. Le choix se porta sur des marginaux comme Makovsky, Pouchiline, Goubariev et d’autres.

- La main d’œuvre : ce fut le recrutement le plus massif. On avait besoin de figurants pour crier dans les meetings, puis de « combattants » pour s’emparer des bâtiments officiels les armes à la main. On alla les chercher essentiellement dans les rangs des anciens militaires et des organisations cosaques.

Différences entre Lougansk et Donetsk :

A Lougansk, le recrutement a permis d’engager essentiellement des « combattants », tandis que Donetsk a été le vivier des « politiques ». Voilà pourquoi c’est le bâtiment de la direction de la Sécurité qui a été occupé à Lougansk, tandis qu’à Donetsk les terroristes s’emparaient de l’Administration régionale. D’où un déséquilibre : la DNR n’avait presque pas d’armée et la LNR, pendant longtemps, n’eut pas de « gouvernement ».

Etape 1 : Préparation de l’invasion de la Crimée

Cette étape a commencé en septembre 2013, après que Poutine eut pris la décision définitive d’envahir la presqu’île. Tous les ministères des structures de force, tous les partis politiques pro-kremlin, tous les mouvements de jeunesse, tous absolument reçurent l’ordre de rassembler des volontaires. Le but : former une armée sans uniforme qui, sous l’apparence d’habitants locaux, organiserait des meetings et bloquerait les casernes et les bases militaires ukrainiennes.

En Russie la verticale du pouvoir est extrêmement étendue et il existe tant d’intermédiaires entre Poutine et le niveau d'exécution que l’idée initiale peut se voir profondément déformée. Ce qui explique que certains commandants ont interprété les instructions de façons différentes.

Les cadres militaires

Dans de nombreux corps de l’armée russe on commença par mettre à la retraite des soldats et des policiers (ils conservaient leur solde et tous leurs avantages) afin de former grâce à eux des bataillons, tandis qu'ailleurs ils furent mis en congé de longue durée.

Les premiers camps d’entraînement virent le jour essentiellement dans l’oblast de Rostov. Y furent réunies différentes unités composées de soldats des forces de l’Intérieur ou d’autres formations militaires ainsi que de policiers. L’uniforme était remplacé par des vêtements civils. Certaines unités spéciales (essentiellement des spetsnaz) virent leur effectif au complet rejoindre « l’autodéfense » afin de former des petits groupes de combattants.

Les cosaques

Toutes les organisations cosaques qui fleurissaient jusqu’en 2013 dans la Fédération de Russie n’étaient rien de plus que des groupes de joyeux drilles, amateurs de déguisement et n’ayant rien de commun avec de vrais soldats. Mais cette année-là s’opéra un changement radical : le mouvement cosaque commença à se transformer en organisation militaire, en plusieurs même, car il y eut alors autant d’armées cosaques que de poules dans une basse-cour. On donna des instructeurs professionnels de l’armée à ces cosaques afin qu'ils forment des groupes de combat avec ceux d’entre eux qui, en plus de savoir se tordre la moustache et boire de la vodka, étaient capables aussi de se servir tant bien que mal d’une arme ou de frapper avec une matraque.

Les criminels

Où donc pouvait bien recruter le Ministère de l’Intérieur de la Fédération de Russie, sinon parmi les criminels ? Si le repris de justice avait une expérience militaire, on lui proposait de participer à la « croisade de libération ». C’est de cette façon que les célèbres clowns Motorola et Babaï rejoignirent les rangs des terroristes. Quant à engager d’anciens policiers, cela se révéla presqu’impossible : les plus capables avaient déjà trouvé un travail rentable dans le privé et les autres avaient sombré dans l’alcool ou dans le banditisme. Pour réunir le contingent désiré, certains dirigeants de la police puisèrent dans une population qui ne pouvait guère refuser : les SDF, les petits délinquants et les drogués qu’ils utilisaient d’habitude comme indicateurs et comme mouchards.

Les partis politiques

Pour eux, ce fut encore plus simple : Kourguinian, Jirinovsky, Ziouganov et les autres « leaders politiques » remplirent leur quota avec leurs militants. « Tu veux progresser dans le parti ? Va en Crimée et couvre-toi de gloire au combat pour protéger les femmes et les enfants ! » Il en est allé de même pour les mouvements nationalistes : ils sont plus de 200 en Russie et sont presque tous contrôlés par le FSB.

Résultats de la 1ère étape

Il y eut tant de « volontaires » que les faire venir en Crimée se révéla problématique. Selon différentes sources, le nombre de ces « patriotes » recrutés variait entre 60.000 et 200.000 et c’était beaucoup trop. On n’en envoya donc qu’une partie en Crimée. Mais c’était encore trop, d’autant plus que les « idiots utiles » locaux commencèrent à brandir le drapeau russe. De nombreux « volontaires » importés sur la presqu’île furent donc relégués dans des maisons de repos et des centres de villégiature au bord de la mer et ils y demeurèrent en réserve jusqu’au référendum.

Efrémov

Etape 2 : Recrutement des partisans de la fédéralisation

Le Parti des Régions

Les Régionaux  ont également compris Poutine à leur manière. Ils se sont imaginé qu’après la victoire de Maïdan la Russie ferait tout pour qu’ils conservent le Sud-Est de l’Ukraine. Le marchandage a commencé avec les partis anciennement dans l’opposition qui venaient d'arriver au pouvoir (« Oudar », « Liberté » et « Patrie »), avec des offres du style : « Prenez tout le reste de l’Ukraine et laissez-nous les oblasts de Donetsk et de Lougansk, on continuera à y régner comme des princes féodaux. »

Quant aux Régionaux en fuite (Azarov, Ianoukovitch, Arbouzov et les autres), ils se chargèrent de  financer largement le recrutement de nouveaux « volontaires », en Russie comme en Ukraine. Ils s'étaient naïvement persuadés que Poutine faisait tout le nécessaire pour qu’ils gardent leurs fiefs, mais, sans qu’eux-mêmes le remarquent, parmi les recrutés qui travaillaient pour eux, s’infiltrèrent de plus en plus d’agents du FSB.

Le Parti des Régions n’était pas le seul à chercher à recruter des combattants, le Parti Communiste faisait de même, ainsi que les socialistes progressistes de Vitrenko (comme Lénine, elle passe plus de temps en Allemagne que dans son pays).

Les recruteurs le plus actifs furent les rejetons de Ianoukovitch et d’Azarov : ils se trouvèrent soudain de nombreux sponsors en Russie, ce qui permit à Poutine de faire des économies sur son budget de financement du terrorisme.

Le seul à avoir fait preuve d’une certaine prévoyance est Efrémov, le chef du Parti des Régions. Il est parvenu à conserver sa verticale du pouvoir dans l’oblast de Lougansk et, jusqu’à l’élection de Porochenko, il a gardé toute son influence sur les terroristes.

(à suivre)

bolotov groupe