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Conversation interceptée par le SBU entre un marin russe et ses parents : 

http://www.youtube.com/watch?v=dzbuKdfSrOA

Alexandre vient d’apprendre qu’il part à Rostov avec 34 autres matelots russes. On l’envoie d’abord à Spoutnik, une base militaire de fusiliers marins près de Mourmansk et au bout de 3 jours, ce sera le départ vers la frontière ukrainienne. Il appelle son père qui lui dit « T’es con, ou quoi, tu veux aller te battre là-bas ? »

Alexandre : Le chef du centre 701 a raconté à Oncle Sacha qu’il y a 10.000 hommes là-bas et des cercueils qui reviennent de jour comme de nuit.

Le père : Où est-ce qu’ils reviennent ?

Alexandre : A Rostov, et après à Spoutnik.

Le père : Putain, je n’arrive pas à y croire, pour ces cercueils. 

Il lui promet de chercher des renseignements. Quelque temps plus tard, c’est sa mère qu’il appelle, manifestement le père n’a pas trouvé de solution pour lui dénicher un certificat médical en si peu de temps.

Alexandre : Ils verront bien que je n’ai pas de gastrite, et même si je bois pour provoquer une crise, cela me fera du mal et eux sont incapables de mesurer la douleur de toute façon.

La mère : Oh, mon Dieu, ils vont t’envoyer dans ce putain de Lougansk ! Et Lilya, qu’est-ce qu’elle en dit ?

Alexandre : Qu’elle ne me laissera pas partir, qu’il faut que je démissionne.

La mère : Mais quelle poisse, mais quand est-ce que ça va finir ? Démissionne, va chez ton père, tu en profiteras pour finir tes études.

Alexandre : Mais qu’est-ce qu’ils ont dit à Papa, c’est vraiment Lougansk ?

La mère : Ils ont dit Rostov, mais c’est la frontière …

Alexandre : Oui, à 40 kms de Lougansk …

La mère : D’autant plus qu’ils viennent de montrer les paras qui ont été arrêtés, comme quoi ils n’ont pas vu où était la frontière, tu regardes les infos ?

Alexandre : Le Commandant à Spoutnik nous raconte que c’est pour des exercices …

La mère : Tu parles ! Tu as toujours eu la langue trop longue, c’est pour ça qu’on t’envoie là-bas !

Alexandre : Maman, on est 35 à partir ! Et on n’est pas les premiers ni les derniers …

La mère : Mais quelle poisse, quelle poisse ! Pour la patrie, je comprendrais encore, mais pour cette Ukraine de merde ! C’est un monde de fous !

Alexandre : Vernitsky m’a dit la même chose : pour la patrie, ça irait encore, mais on s’en bat les couilles, de ces deux oblasts de Donetsk et de Lougansk ! Moi, je préfère avoir un mauvais carnet militaire qu’une vie foutue.

La mère : En admettant qu'il t'en reste une, de vie !

Alexandre : Il y a 10.000 hommes à Rostov et toutes les nuits, depuis Rostov nos Grad  arrosent l’Ukraine.

La mère : Je comprends, pour que personne ne voie … Mais il faudra bien que tu partes pour cet exercice ! Là-bas, à Spoutnik.

Alexandre : A quoi bon ?

La mère : Ou bien tu veux démissionner tout de suite ?

Alexandre : Bien sûr, tout de suite ! C’est pas pour des exercices ! 3 jours là-bas et tout de suite après Rostov !

La mère : Ah, je ne remercie pas Dieu, mais quel asile de fous !

Alexandre : Ils n’envoient ni les enseignes de vaisseau ni les officiers, juste ceux qui sont sous contrat, les quartiers maîtres et les matelots.

La mère : Allez, fils, tiens bon. Papa a fait tout ce qu’il a pu. Il y a encore la solution de l’hopital, mais c’est peut-être trop tard ...

Alexandre : On part le 1er ou le 2 septembre.

La mère : Alors tu démissionnes !

Alexandre : Me battre pour 38.000 roubles, je ne suis pas d’accord !

La mère : Ça, je te comprends.

Alexandre : Allez, je t’embrasse.