guerachenko

Anton Guerachenko, conseiller du ministre de l'intérieur Avakov, au sujet de l'accord de Minsk sur le statut spécial du Donbass et la loi d'amnistie que vient de voter la Rada :

https://www.facebook.com/anton.gerashchenko.7/posts/726386914114825

"Soyons francs, cette loi est le résultat d’accords signés sous la menace d’une agression militaire de la Russie à un moment où l’Occident a de facto refusé d’aider davantage l’Ukraine si elle n’acceptait pas les conditions imposées par Moscou, à savoir un cessez-le-feu et des droits étendus pour la partie du Donbass occupée par les terroristes.

Nous avons dû nous y résoudre à cause de notre faiblesse militaire et technique. Notre armée et la Garde Nationale étaient en mesure de vaincre des terroristes et des mercenaires, même généreusement équipés d’un matériel russe dernier cri, mais elles ne pouvaient résister à l’invasion de l’armée russe qui a commencé le 24 août.

porochenko

Je reconnais qu’il y a dans ces lois votées aujourd’hui des passages qui choquent profondément tous les patriotes ukrainiens. Mais quel choix avait Porochenko ? Ne pas les signer, et les colonnes de tanks russes auraient poursuivi leur route vers Marioupol, Dniépropétrovsk, Zaporojié et Kharkov et occupé encore davantage de régions ukrainiennes alors qu’aucun pays occidental n’acceptait de nous fournir en armes et de nous aider dans notre résistance à l’invasion russe.

Ce dimanche, j’ai participé à une émission où était présent le colonel Evguény Sidorenko : il est sorti de la poche d’Ilovaïsk avec, comme trophée pris aux Russes, un tank T-72 dont la production date de 2013, alors que nos garçons n’ont pour tout équipement que des blindés des années 80 ne pouvant parcourir plus de 200 kms sans tomber en panne. N'oublions pas le fait qu’en Ukraine, nous ne produisons ni munitions ni fusées pour les systèmes Grad et que nos avions sont à 90% des tas de ferraille que nous ne pouvons réparer, car toutes les usines se trouvent en Russie.

Nous pourrions parler indéfiniment du patriotisme de nos soldats et de l’immense soutien de toute la population, mais les chiffres sont là : la victoire appartiendra toujours à celui qui a 100 mortiers et 60 tanks, quand en face on ne peut lui opposer que 10 mortiers et 4 ou 5 tanks comme ce fut le cas à Ilovaïsk.

Nous étions trop faibles pour résister à un pays dont le budget militaire est 50 fois plus important que le notre. Voilà la raison véritable de l’accord de Minsk et du plan de Porochenko pour le Donbass qui s’en est ensuivi.

Pendant les 14 ans où Poutine a renforcé et modernisé ses armées, notre système de sécurité et de défense s’est affaibli et a été mis sous la coupe de Poutine. Les deux précédents ministres de la défense de Ianoukovitch, Salamatine et Lebedev, habitent maintenant à Moscou, là d’où ils recevaient leurs ordres, de même que les deux ministres du SBU, Yakimenko et Kalinine. Ils trahissaient et continuent de trahir tous nos secrets d’état et toutes les informations sur l’état de nos forces.

Pendant que Poutine mettait tranquillement en place son système de propagande grâce à ses chaînes de télévision émettant sur tout le territoire ukrainien, nos hommes politiques de toutes tendances s’écharpaient sur des détails sans importance, sans voir l’effondrement de notre système de sécurité et de défense.

Oui, Poutine et ses armées russo-fascistes auraient pu remporter une série de victoires et occuper la plus grande partie de l’Ukraine, mais sa guerre contre le peuple ukrainien, il l’aurait perdue, comme l’URSS a perdu la guerre contre le peuple afghan. Mais combien de nos malheureux concitoyens auraient alors péri sous les bombardements et les salves de missiles !

1

Le fait que nous avons voté cette loi sur le statut du Donbass ne signifie pas toutefois que toute menace est écartée et que Poutine cessera sa guerre contre l’Ukraine. Elle est seulement repoussée dans le temps, mais cela nous permettra de réorganiser nos forces et de nettoyer nos structures d’état.

Cette loi est le prix que nous devons payer pour 23 ans de pillage et de trahisons.  Elle ne nous permet pas de sortir de l’impasse où s’est retrouvée notre patrie, abandonnée à son sort par l’Occident alors qu'elle devait faire face à une nation dotée de l’arme nucléaire et gouvernée par un malade mental. C’est un passage obligé, un pas en arrière nécessaire, après lequel l’Ukraine se devra d’avancer au prix de douloureux efforts.

Deux chemins s’offrent désormais à nous : ou bien nous unissons toutes nos forces pour reconstruire les bases de notre sécurité nationale, mais il faudra des années et des milliards de gryvnas pour cela, ou bien Poutine et Ianoukovitch feront élire à la Rada, grâce à leurs oligarques et à leur argent, des populistes et des démagogues qui, sous couvert d’une rhétorique nationale-patriotique, continueront à vendre l’Ukraine à l’ennemi.

PS : Les leaders politiques qui n’ont pas voté aujourd’hui cette loi savent pertinemment que l’Ukraine n’avait pas d’autre choix. A ces leaders démagogues qui n’ont que liberté et radicalisme à la bouche et qui vous diront qu’il y avait une autre solution et qu’il ne fallait pas signer l’accord de Minsk/Munich, posez-leur cette question : combien avions-nous de tanks et d’avions à Ilovaïsk (et dans quel état !), et combien en avait Poutine ?"

Dans les coulisses du votehttp://www.theinsider.ua/politics/54185cae7a99a/

2

Les députés n’ont reçu le texte des deux lois (statut spécial et amnistie) que quelques minutes avant le vote. Sergueï Labaziouk : « Je n’ai pas eu le temps de le lire. » Ce qui n’a rien d’étonnant, selon Sergueï Soboliev (Batkivtchina) : « La veille au soir, le président et Tourtchinov y apportaient encore des modifications. Une des questions centrales concernait les frontières, elles devaient correspondre, à la demande de Poutine, aux positions de l’opération anti-terroriste au 5 septembre, date de la signature de l’accord à Minsk. Mais les limites de ce territoire ont donné lieu à de nombreuses discussions, car les terroristes réclamaient que l’aéroport de Donetsk y soit inclus. De toute façon, aucune carte n’a été jointe au document remis aux députés. Autre point de dispute : j’ai pu obtenir que l’amnistie ne concerne pas ceux qui étaient coupables d’actes terroristes. J’ai dit au Président que l’amnistie devait obéir à une certaine logique, que les insurgés devaient avoir 30 jours pour déposer les armes, libérer les bâtiments et les otages. »

Des députés présents aux réunions de préparation du document ont déclaré que le président et les fonctionnaires de son administration ont eu de nombreuses consultations avec Vladislav Sourkov, le conseiller de Poutine : « Les derniers jours, il passait son temps dans le bureau du président. »

3

Le matin du vote, il était clair qu’il n’y aurait pas assez de voix pour que les lois passent. Porochenko a fait venir les chefs de partis dans son bureau et leur a déclaré : « J’ai sans arrêt Poutine au téléphone, il exige que nous votions ces lois, autrement il lance son armée sur Marioupol et ne s’arrêtera pas avant d’avoir atteint la Crimée. »

Finalement le vote a eu lieu en séance fermée, le tableau électronique est tombé en panne et les indicateurs lumineux  n’ont montré que les votes « pour », soit 277 pour le statut spécial et 287 pour l'amnistie. 

http://www.unian.net/politics/985702-v-vr-poyavilis-zakonoproektyi-ob-otmene-osobogo-statusa-donbassa-i-amnistii-boevikov.html

Selon certaines rumeurs, les dirigeants de l'opération antiterroriste auraient accepté d'abandonner l'aéroport de Donetsk aux terroristes en échange de la promesse qu'ils reculeraient de 5 kms sur la route menant à Marioupol.

http://gordonua.com/news/war/SMI-Sily-ATO-soglasilis-otdat-terroristam-aeroport-Donecka-v-obmen-na-otstuplenie-boevikov-pod-Maruipolem-41626.html

donbass ukraine