Акунин

http://gordonua.com/news/politics/Akunin-o-rossiyskih-novostyah-Dolgo-eta-bredyatina-prodolzhatsya-ne-mozhet-83087.html

Boris Akounine : « Après une interruption de quelques mois, j'ai décidé hier de regarder avec toutes les précautions nécessaires un bulletin d'information à la télé. Il a ouvert sur des nouvelles concernant l'Ukraine : elle est en pleine faillite, elle roule tout le monde, surtout les Occidentaux, de célèbres experts ukrainiens (dont je n'ai jamais entendu parler) critiquent la politique de Porochenko. Après, les journalistes ont parlé de la Russie : d'après Choïgou, qui vient au rapport, la puissance de feu de l'armée augmente de jour en jour, des exercices ont lieu, les tanks tirent et les fusées volent. Je suppose qu'après ils auraient parlé d'un quelconque fermier du Kouban qui enrichit de son blé les silos de la Patrie, mais j'ai éteint, j'avais mon compte. Et vous savez quoi ? Il m'a semblé tout d'un coup que tout ce délire ne pourrait plus durer bien longtemps. Il va arriver un moment, plus proche qu'on ne l'imagine, où l'on demandera à nos journalistes : "Mais qu'est-ce qui vous est arrivé, les gars ?" Et eux ne sauront quoi répondre et baisseront les yeux.

Je suis le premier étonné que le fait de regarder la télé russe n'ait pas provoqué en moi le sentiment que l'apocalypse était proche, bien au contraire. Faut la regarder plus souvent ! »

Des réactions à l'oukaze criminel de Poutine : 

http://www.novayagazeta.ru/politics/68622.html

Shlossberg

Lev Schlossberg, député et journaliste, auteur de l’enquête sur les soldats de Pskov morts dans le Donbass et enterrés à la sauvette en Russie : « L’oukaze qui fait des pertes militaires russes en temps de paix un secret d’état reflète la peur de la vérité. Une vérité qui est pourtant évidente pour ceux qui comprennent ce qui se passe entre la Russie et l’Ukraine et entre la Russie et le reste du monde. Ils sont très nombreux à être informés de cette tragédie, ils en parlent à leur entourage et la vérité se propage. On peut toujours regarder Piervy Kanal, Rossia 1, Rossia 24 ou NTV, mais quand quelqu’un que vous connaissez part à la guerre et y meurt ou qu’il revient blessé et raconte la vérité, tous les mensonges entendus à la télé sont vite oubliés.

Une partie significative de la population russe a déjà compris ce qui se passait et il y a désormais  un certain nombre de gens qui se sont donné pour mission de chercher des preuves, de retrouver les tombes, d’aller voir les familles afin d’entendre leurs témoignages et de les rendre publics.

Cet oukaze concerne évidemment en premier lieu nos pertes en Ukraine. Ceux qui veulent prouver la présence de l’armée russe dans le Donbass n’auront maintenant plus accès à aucune donnée et certains, effrayés à l’idée de se retrouver en prison, cesseront leurs recherches. Mais cet oukaze n’interdit pas de parler avec ceux qui sont revenus, qui ont vu mourir leurs camarades et qui jugeront de leur devoir d’honorer leurs mémoires. C’est là un sentiment plus fort que toutes les menaces, comme on a pu le constater pendant la guerre d’Afghanistan et les deux campagnes de Tchétchénie.

Mais cet oukaze permettra également au pouvoir de cacher tous les sévices commis au sein de l’armée contre les jeunes recrues, ( la "Dedovchina"), les suicides, les morts pendant les exercices et tous les accidents dûs à l’impéritie de la hiérarchie militaire. On va assister à une recrudescence des actes de violence et des viols, puisque les coupables seront assurés que les faits demeureront secrets. Que pourront faire les familles, les défenseurs des Droits de l’Homme, les avocats ? Y aura-t-il seulement des procès ? »

Stavitskaïa

Anna Stavitskaïa, une juriste spécialisée dans les questions de secret d’état : « Cet oukaze ne précise à aucun moment ce qu’il faut entendre sous le mot "pertes" et si cela concerne seulement les morts ou également les blessés et les prisonniers. Cette formulation vague permettra au procureur d’agir comme bon lui semble et d’élargir le cercle des coupables potentiels en y incluant le militaire lui-même, sa famille et les journalistes. Je pense toutefois que les journalistes auront encore le droit d’évoquer un nombre approximatif de morts, blessés et prisonniers étant donné que la notion de secret d’état sous-entend toujours des données précises et circonstanciées. Enfin, en théorie, car il est bien difficile de prouver devant nos tribunaux des choses qui semblent évidentes et nos juges ont l’habitude d’interpréter la loi en fonction des intérêts de l’état. »

Flacon trois en un :

staline patriarche

Orthodoxie, communisme et autocratie

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A 15 heures aujourd'hui sur France-Culture : Odessa

http://www.franceculture.fr/emission-villes-mondes-odessa-ville-mondes-escale-1-2015-05-31

Poutine apprenant la nomination de Saakashvili au poste de gouverneur d'Odessa : 

saakashvili

Ce week-end, Kiev fête son 1533ème anniversaire

Kiev