A Novorossiisk, point de départ des navires russes pour la Syrie, se répète la comédie déjà jouée à Rostov, quand la Russie poutinienne envoyait et envoie (de moins en moins désormais) ses militaires d’active traverser la frontière ukrainienne pour aller embraser le Donbass. L’article dont voici le lien a pour titre : « On pensait partir pour le Donbass, en réalité on va en Syrie. » http://www.gazeta.ru/politics/2015/09/16_a_7760297.shtml

Les quatre soldats qui ont souhaité se confier au correspondant de gazeta.ru lui ont donné rendez-vous dans un café, ils étaient tous en civil. Je résume l’article : Une compagnie de 20 soldats, triés sur le volet,  quitte le 27 août en train la région militaire de l’est pour Novorossiisk. Leur ordre de mission indique : « exercices tactiques et déchargement de matériel ». Mais il ne comporte pas de date de retour.

La veille du départ, un commandant leur annonce qu’il est possible que leur destination soit un « pays où il fait chaud », qu’il faudra faire attention aux mesures d’hygiène et ne jamais faire un pas en dehors de la garnison. Il leur donne également la marche à suivre pour le cas où ils seraient faits prisonniers et soumis à un interrogatoire. Mais il n’indique pas la destination exacte.

Quant ils arrivent le 7 septembre à Novorossiisk, on leur fait remplir toutes les formalités pour l’obtention d’un passeport de service, comme pour un voyage à l’étranger, mais le nom du pays est jalousement gardé. Le 16 septembre, un représentant de l’état-major général arrive dans leur garnison, il n’est pas en uniforme, il leur annonce que la mission est classée secret et qu’ils embarquent le 17 pour Lattaquié. A cette nouvelle, les soldats rédigent une lettre à la procurature militaire locale pour signifier leur refus de partir, mais elle est rejetée.

Le départ du bateau est retardé. Les soldats veulent maintenant obtenir un ordre écrit, passer une commission médicale, avoir l’assurance que leurs familles recevront des compensations s’ils sont blessés ou tués. Quand certains font part de leur volonté de démissionner, on leur répond : « Ecrivez, écrivez, de toute façon vous partirez. »

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La voix de son maître (Peskov) : « Le Kremlin n’a aucune information au sujet de la plainte des quatre militaires que, selon gazeta.ru, la Russie serait supposée envoyer en Syrie. » 

http://www.svoboda.org/content/article/27255555.html

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Le ministère de la Défense nie absolument que des militaires russes sont envoyés en Syrie : : https://tvrain.ru/news/minoborony_otritsaet_soobschenija_ob_otpravke_rossijskih_kontraktnikov_v_siriju-394652/

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enrolement

L'enrôlement de volontaires traduit l'évolution de la ligne politique poutinienne : désormais c'est en Syrie qu'on a besoin de "patriotes, entre 18 et 40 ans, en bonne forme physique, avec l'expérience de la guerre". "Le bataillon international des Croisés attend les courageux". Il leur est promis : "une bonne paie, des combats, l'équipement et la formation". Qui paye ? Les mêmes qui ont engagé les Motorola et autres Givi pour déstabiliser l'Ukraine. 

Le Louganda-Donbabwe, tentative avortée de créer une hypothétique Novorussia, devient maintenant un clone de la Transnistrie, où on fait tout comme les grands, sans espoir d'exister vraiment, mais avec le but affiché d'être une épine constamment fichée dans le corps de l'Ukraine. 

On y fait même renaître des zombis : 

retour des morts-vivants

Affiche électorale du Parti des Régions à Donetsk : "Non à la guerre, oui à la stabilité !"

la haye2