lyamine1

Samedi 17 octobre, Dmitri Lyamine, un Lougandais portant le titre ronflant de ministre de l'Energie, est arrêté par les hommes du ministère de la sécurité pour avoir vendu à l'Ukraine, entre janvier et septembre 2015, plus de trois millions de tonnes de charbon, soit 88% de la production totale du Louganda. Le préjudice est estimé à 400 millions de roubles.  http://www.novayagazeta.ru/news/1697334.html

Le même après son interrogatoire :

ishot-11

lyamine2

ishot-10

Dimanche 18 octobre, Plotnitsky a été obligé de quitter Moscou en urgence (il s'y rend souvent pour recevoir ses ordres et mettre son butin à la banque) et il est revenu dans son fief terroriste afin de  reprendre la situation en main.      http://www.rbc.ru/rbcfreenews/562380229a7947766ca92ee3

En attendant les conclusions de l'enquête, Lyamine est relevé de ses fonctions ainsi que Leonid Passetchnik, le ministre de la sécurité qui avait ordonné son arrestation. 

***

Nikolaï, commandant d’un détachement de cosaques du Donbabwe, raconte comment lui et ses camarades ont été désarmés lors des purges de juillet 2015 et emprisonnés dans les sous-sols de Donetsk, où ils ont été torturés et privés de nourriture. Lui-même a été relâché il y a deux jours :   http://www.gazeta.ru/politics/2015/10/14_a_7820639.shtml

« Il y a deux sortes de caves, les "financières", on y jette les entrepreneurs à rançonner, ils n’en sortent qu’après avoir tout donné à leurs gardiens, argent, voiture, appartement, et les "punitives", pour les combattants comme nous.

Nous sommes de véritables prisonniers de guerre, sauf que nous sommes aux mains des nôtres, pas des Ukrainiens. En ce qui me concerne, le ministère de l’intérieur de la DNR a reçu l’ordre de désarmer mon bataillon, nous avons été encerclés et, comme nous n’étions pas au front à ce moment-là, mais à l’arrière, toutes nos armes étaient à l’armurerie et on n’a pas eu le temps de s’en saisir. De toute façon, on n’aurait pas résisté car il faudrait être fou pour tirer sur les siens !

On nous a amenés dans une cave, 100 châlits pour 300 personnes, nous dormions à tour de rôle, pas de place pour s’asseoir par terre, à peine assez pour se tenir debout, aucune aération, certains perdaient connaissance. Au début, on ne nous a pas donné à boire. Puis ils ont apporté deux tonneaux d’eau, on a vite bu le contenu du premier afin de l’utiliser pour nos besoins. Mais c’était une eau non potable, il aurait fallu la faire bouillir, des gars sont tombés malades. Et puis, l’humidité suintait des murs. Il y a eu deux infarctus et une attaque cérébrale pendant mon emprisonnement.

Alors on s’est révolté, on a exigé qu’un procureur vienne voir ce qui se passe. Il est venu et nous a condamnés à 30 jours de régime sévère, on ne sait même pas pour quelle raison. On nous a déménagés dans un garage où l’on crevait de froid, puis à la fin de la punition, on nous a ramenés dans la cave. Mais pas tous, certains ont été libérés. Selon quels critères ? Aucune idée ! Dehors, les femmes et les enfants attendent leurs maris et leurs pères, il paraît qu’on va en libérer d’autres. Moi aussi, j’attends que des copains sortent.

En tout, il y a 4 camps de concentration en sous-sol à Donetsk, il y en a aussi à Makeevka et dans d’autres villes, les détenus sont au nombre de plusieurs milliers. On les relâche au fur et à mesure pour faire de la place pour ceux qu’on arrête. Ici, par exemple, quand mes camarades sortiront, 500 viendront prendre leur place. » 

Le journaliste demande : « Une fois libérés, vous et vos camarades avez des projets ?»

Nikolaï : « Certains veulent retrouver un autre bataillon pour continuer à se battre et d’autres disent qu’ils vont foutre le camp en Russie, parce qu’ils en ont marre de la DNR. Et ce ne sont pas des Russes, ce sont des gars de Donetsk ! Ceux qui veulent reprendre les armes ont intérêt à bien choisir car il y a des bataillons qu’on a désarmés deux fois, en automne 2014 et cet été. Je connais des types qui se sont retrouvés dans les caves à ces deux occasions. 

-  Il y a des cas de tortures ? 

-  C’est le quotidien, 5 ou 6 maintiennent le gars après lui avoir mis un sac sur la tête et ils le frappent, ou bien ils lui font des électro-chocs. C’est souvent pour lui faire avouer s’il a caché du fric ou tout simplement pour le plaisir. Ces bourreaux sont d’anciens membres du SBU ukrainien ou des ex-flics. Et il ne faut surtout pas aller se plaindre, parce que là, vous disparaissez immédiatement !

- Mais pourquoi tout ça ? C’est incompréhensible !

- Je vous donne ma version : tous les chefs de guerre qui risquent de ne pas accepter le retour ici des Ukrainiens, le pouvoir actuel en a peur, il faut donc s’en débarrasser, parce qu’ils refuseront de se rendre à l’ennemi.

En fait, on a été trahis par les nôtres, on voulait la Novorussia, on voulait notre république de Donetsk. On ne parle plus de Novorussia et notre république populaire enferme le peuple dans des sous-sols. Ce que je vais faire ? Rejoindre les rangs des partisans ! Je n’abandonnerai pas ma terre aux Ukrops. Elle est à moi, je préfère y mourir.»

ishot-15

Guirkine : "Le projet Novorossia est abandonné. Nous avons perdu."