N'oublions pas Klikh et Karpiouk qu'on juge actuellement à Grozny : Vera Savtchenko a réussi à prendre une photo des deux otages, on y voit Stas Klikh montrer les traces des coups qu'il a reçus.

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Des spécialistes de l’institut scientifique d’expertise légale de Kiev ont analysé la vidéo qui montre l’instant où Nadia Savtchenko a été capturée. Ils ont constaté des manipulations sur le timer du fichier numérique, l'heure et la date ont été modifiées. En utilisant un gnomon (un instrument astronomique servant à établir la hauteur du soleil à partir de la longueur de l’ombre portée) ils ont pu déterminer, avec une marge d’erreur de 10 minutes, que la capture s’est produite en fait à 10h30, et non un peu après midi, comme l'affirme l'accusation.  http://ru.tsn.ua/ukrayina/obnarodovany-vyvody-ekspertov-kotorye-oprovergayut-glavnye-obvineniya-rossiyan-protiv-savchenko-513529.html

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L’équipe de la télé ukrainienne STB, qui avait pu finalement franchir la frontière russe avant-hier alors que l’audience s’achevait, est aujourd’hui arrêtée par la police routière quand l’audience d’aujourd’hui est sur le point de commencer. Le flic : « Vous n’aviez pas la ceinture… Euh non, je me trompe ! J’appelle le chef…» Le patron de la police de Donetsk débarque : « L’opération antiterroriste Anaconda est en cours, nous devons tout vérifier. Vos passeports sont douteux, les tampons de passage de la frontière ont l’air d’être faux. Suivez-nous au commissariat. » Le consul ukrainien Moskalenko arrive sur les lieux, suivi d'Ilya Novikov.

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Les médias ont reçu le droit de photographier Nadia pendant 30 secondes avant que ne débute l'audience. Ensuite, interdiction totale de prendre des photos. Les deux diplomates étrangers de service aujourd’hui sont finlandais et suédois.

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L'audience commence avec l'audition du témoin Alexeï Sazonov, colonel de la police à Voronèj. Il est physiquement présent dans la salle, comme ceux qui témoigneront aujourd'hui. C'est à lui que s'est adressé Medvedev, le garde-chiourme de Nadia, pour l'aider à trouver un endroit où l'installer. Sazonov les a accompagnés à l'hôtel Evro (il suppose que c'est le nom, mais il ne s'en souvient pas), a parlé avec l'administratrice à la réception (une blonde, c'est tout ce qu'il se rappelle) et a quitté les lieux 15 minutes plus tard.

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Feygin : "Il y a des caméras de surveillance autour de cet hôtel ?"

Sazonov : "Aucune idée."

Nadia : "Je n'ai jamais vu cet homme."

Sazonov : "L'accusée veut faire sa maligne !"

Le témoin suivant est Alexeï Louchpaïev, chef du service des migrations de l’oblast de Voronèj.

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Louchpaïev : "L'accusée s'est adressée à mon service, se présentant comme une réfugiée qui avait perdu tous ses papiers. Elle m'a dit qu'elle avait pris une chambre à l'hôtel Evro. Je lui ai donc fait remplir le document de déclaration de perte de passeport."

Nadia : "Je n'ai jamais vu cet homme."

Feygin : « Elle a donc pénétré sans papiers d’identité dans le bâtiment du quartier général de la police où se trouve votre bureau et est entrée à la direction régionale du service des migrations sans problèmes ?

- C’était une réfugiée, il fallait l’aider.

- Avez-vous traité de la même manière d’autres cas de réfugiés ?

- Je ne me souviens pas.

- Vous avez apposé un tampon sur le formulaire qu’elle a rempli ?

- Pas moi, mon secrétaire.

- Qui s’appelle comment ?

- Je ne me souviens pas, je change souvent de secrétaire. »

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L'équipe de télé ukrainienne vient de sortir du commissariat où elle a été retenue pendant 3 heures pour vérification d'identité.

Le témoin suivant s’appelle Alexandre Kravtsov, il appartient, comme son collègue Sonine qui va comparaître plus tard dans la journée, à la police de Kantemirovka, c'est à lui que les deux agents de la police routière Loutsenko et Tertychnikov ont signalé le 23 juin 2014 qu'ils avaient arrêté une voiture dont le conducteur n'avait pas sa ceinture attachée et qu'une femme sans papiers d'identité se trouvait à bord. Sonine a donc contacté Potchetchouïev du FSB. (* Le mystérieux témoin perruqué avec des lunettes noires...)

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Feygin : "C'est habituel d'appeler le FSB pour une ceinture non attachée et le défaut de documents d'un passager ?" Le juge fait retirer la question, car elle a un caractère provocationnel.

Feygin : « Sonine a appelé Potchetchouïev depuis son téléphone de service ou depuis son portable ?

- Je ne sais pas.

- Mais vous avez un téléphone de service dans votre commissariat ?

- Il était en panne à l’époque. »

Interruption de l'audience pour le déjeuner.

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L'équipe de la télé ukrainienne est présente à la reprise de l'audience, de même que Novikov qui a rejoint les deux autres avocats. Le témoin suivant est Alexandre Sonine, le collègue de Kravtsov.

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Novikov : « Il vous est arrivé de contacter le FSB à d’autres occasions pendant l’été 2014 ? »

Sonine : « Non.

- Et avant ?

- Je ne m’en souviens pas.

- Pourriez-vous décrire l'apparence de Potchetchouïev ?

- Je ne m’en souviens pas. »

La défense remarque que dans son rapport journalier du 23 juin Sonine n’a pas fait état de l’interpellation d’une "réfugiée ukrainienne en tenue de camouflage et sans papiers d'identité" ni d'un coup de téléphone au FSB. 

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Le tribunal de Grozny menace d'arrêter Vera Savtchenko pour insultes aux juges.

Le procureur passe maintenant à la lecture des pièces du procès : les notes de Nadia à ses examens d’état avec les appréciations de ses enseignants, puis la liste détaillée des appels téléphoniques de Nadia et de sa soeur Vera. Il en vient ensuite à la lecture extrêmement pénible des expertises médico-légales des fragments du corps de Volochine.

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Après l'avoir retenue deux heures, la Cour Suprême de Tchétchénie laisse partir Vera, on lui a rendu ses papiers. Dès les premiers jours du procès Klikh-Karpiouk, l'atmosphère n'a cessé d'être extrêmement tendue.

Le procureur lit rapidement, sautant des lignes et parfois des pages. Feygin, qui lit parallèlement les pièces du procès sur des tablettes avec ses collègues, en fait la remarque au juge et lui demande qu'aucun passage ne soit omis.

Le procureur lui reproche alors d’utiliser téléphone et tablette pendant l’audience. Le juge abonde dans son sens : « On vous avait déjà donné un avertissement ! »

Feygin : « Nous suivons ainsi les pièces du procès dont on nous donne la lecture pour vérifier qu’aucun passage n’est omis. Ce qui est le cas actuellement.»

Le juge : « Vous voulez un second avertissement ? »

Feygin : « Non, mais de toute façon si vous voulez le mettre dans le procès verbal, vous le ferez, alors pourquoi me demander mon avis ?»

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Le juge : "C'est se moquer du monde que d'exiger ainsi que le procureur n'omette aucun passage !"

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Feygin : "Vous trouvez que poser des questions qui sont fondées, c'est se moquer du monde ? Précisez votre pensée, s'il vous plaît." Le juge : "Vous faites trop de commentaires."

Le procureur interrompt soudain sa lecture et propose une interruption car « Novikov et Savtchenko sont en train de discuter ensemble. »

Le juge à Novikov : « En plus de jouer avec vos gadgets, vous vous permettez de tourner le dos à la Cour pour faire la conversation, c’est un manque de respect ! »

C'est par ce rappel à l'ordre que se termine l'audience. A demain pour la suite...

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Aujourd’hui, descente du FSB à la bibliothèque ukrainienne de Moscou, car "elle est soupçonnée contenir des ouvrages russophobes", arrestation par contumace de Tchoubarov par le tribunal de Simféropol et interpellation de Valery Semenenko, le chef de la communauté des Ukrainiens de Russie. https://ovdinfo.org/express-news/2015/10/28/k-sopredsedatelyu-obedineniya-ukraincev-rossii-prishli-s-obyskom