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Dmitri Zakharov, un député municipal du parti "Russie Juste" d'un quartier de Moscou est l’auteur de la dénonciation contre la bibliothèque ukrainienne de Moscou. Sur la photo ci-contre, il pose à Donetsk. Voici deux exemplaires de sa prose sur son compte vkontakte : http://vk.com/wall69465_7171

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«Parce que je suis un député spécialiste de l’Ukraine, de ces connards d’ukrainiens et que je m'intéresse au destin de la DNR et de la LNR, on s’est souvent adressé à moi pour me signaler la présence d’ouvrages à la gloire de Bandera dans cette bibliothèque. J’ai contacté les organes compétents et il paraît que je ne suis pas le seul à l’avoir fait. Bref, la perquisition a eu lieu et une certaine quantité de livres a été confisquée. Je ne suis pas habilité à dire lesquels ni quelles forces de l’ordre sont intervenues, mais je peux assurer mes concitoyens que les banderovtsy clandestins l’auront bientôt dans le cul et bien profond. Suivez attentivement mes prochains reportages, je ferai une vidéo la prochaine fois et je posterai les photos prises dans cette saloperie de bibliothèque. »

http://vk.com/zaxarov1985?w=wall69465_7197%2Fall

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« Dernières infos : ces mangeurs de merde de banderovtsy veulent faire de la directrice une martyre. J’ai pu constater hier que le personnel de la bibliothèque professait des opinions pro-ukrainiennes et haïssait la Russie.

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Voilà des gens qui te disent avec le sourire que ce n’est pas un crime que le slogan "Vive l’Ukraine, Gloire aux Héros" figure dans des livres pour enfants. Un slogan de criminels et d’exécuteurs. C’est avec ce même sourire que des filles ont préparé les cocktails Molotov qui allaient faire périr tant d’innocents à Odessa. Du genre : Ouais, quoi, on a le droit, on est des patriotes. Ce sont ces mêmes gens qui entretiennent le mythe du Holodomor, comme quoi les bolchéviques auraient spécialement voulu faire mourir de faim ces péquenauds d’Ukrainiens. Bon, la bonne nouvelle, c’est que la directrice risque de tomber sous le coup de l’article 282. Je m’adresse maintenant à toute cette saloperie de pourriture de banderovtsy : foutez le camp de Russie pendant qu’il est temps et que vous en avez encore la liberté. Et mon avertissement concerne spécialement l’organisation des Ukrainiens de Moscou. »

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Natalia Charina, la directrice de la bibliothèque (avant son arrestation) : 

http://www.unian.net/society/1168926-direktora-biblioteki-ukrainskoy-literaturyi-v-moskve-sharinu-zaderjali-po-donosu-eks-sotrudnika.html

« Zakharov est un ukrainophobe. Il a travaillé un temps dans notre bibliothèque, il disait qu’il voulait y mettre de l’ordre. Quand il a été renvoyé en 2010, il m’a dit qu’il n’en resterait pas là, que j’étais une "tache orange" et qu’au lieu d’honorer la mémoire de Lénine le jour anniversaire de sa mort, je préférais organiser des évènements culturels consacrés à l’Ukraine. Mais j’en avais reçu l’autorisation de nos superviseurs du FSB (!), du MAE et de la direction des affaires culturelles. Nous avons donc eu deux perquisitions en décembre 2010 et en janvier 2011. A l’époque, on nous a accusés de posséder un livre extrémiste de Dmitri Kortchinsky et il a été confisqué, bien que cet écrivain ne figure sur la liste des auteurs interdits que depuis 2013. En juillet 2011, les accusations contre la bibliothèque ont été abandonnées pour absence de délit. Et puis, ce 28 octobre, les forces de l’ordre ont fait une descente dans nos locaux à 8h30, il n’y avait que la femme de ménage et elle les a laissés entrer. Je pense qu’ils ont apporté avec eux des ouvrages interdits pour pouvoir en trouver lors de la perquisition, car aucun ne portait le tampon de la bibliothèque. »

proces verbal

Ivan Pavlov, son avocat, a posté sur les réseaux sociaux le procès verbal de sa confrontation avec Zakharov. Le dénonciateur y raconte qu'il avait trouvé dans la bibliothèque environ 200 livres au contenu russophobe, dont 41 qui présentent la Russie comme une ennemie (il en a fait une liste dans l'intérêt de l'enquête). A chacune des questions que lui pose l'enquêteur, Charina répond : "Je ne ferai aucune déclaration."

De célèbres défenseurs des droits de l’Homme, dont Loudmila Alexeeva et Sergueï Kovalev, protestent dans une lettre ouverte contre l’arrestation de Natalia Charina et demandent la démission d’Alexandre Bastrykine, le directeur du Comité d’enquête de Russie.  http://www.novayagazeta.ru/news/1697669.html

Extraits : « Le Comité d’enquête a l’habitude d’obéir aux ordres venus d’en haut et de violer la loi. Natalia Charina a été interrogée pendant 35 heures, privée de sommeil, d’eau et de nourriture et sans assistance médicale quand elle a eu deux crises d’hypertension. Elle encourt une peine qui va de 300.000 roubles d’amende à cinq ans d’emprisonnement. Depuis que Bastrykine est à la tête du Comité d’enquête, les « suspects » font systématiquement l’objet de pressions lors des enquêtes préliminaires et le nombre de procès politiques ne fait qu’augmenter. Nous demandons qu’il démissionne. »

Le Pen-club russe a également fait part de son indignation. Ici la liste des signataires : https://www.facebook.com/serguei.parkhomenko/posts/10207778885219548

livres

"Salut, y a des livres en ukrainien ici ?"

Une conversation qu'on risque d'entendre bientôt :

« Tu vas où, fiston ?

- A la bibliothèque, M’man.

- Pas la peine de revenir à la maison, salaud d'extrêmiste. Tu n’es plus mon fils. »