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Prison de Novotcherkassk où est détenue Nadia Savtchenko.

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Feygin : " L'audience commence, nous en sommes au tome 24. L'accusation lit le procès verbal de l'analyse des jumelles : jusqu'à quelle distance peut-on voir avec ?"

Deux reconstitutions ont été menées pendant l'enquête. Lors de la 1ère, les enquêteurs ont établi qu’on ne pouvait pas confondre à 3 kms de distance un vêtement civil et une tenue de camouflage.

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Cependant, lors de la 2nde, les spécialistes n’ont pu décider s’il s’agissait d’un pied de caméra ou d’une arme ni distinguer la mention Presse.

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Voici les jumelles qu'avait sans doute Nadia dans sa poche...

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Un des procureurs se met soudain à lire des chiffres issus du tome 30, sans expliquer à quoi ils correspondent. Si Feygin ne postait pas parallèlement sur tweeter le document en question, comme il l'a fait pour les deux premières photos ci-dessus, la virtualité de ce procès serait complète. Mais avec un verdict attendu bien réel, lui : 25 ans de prison.

Une information en passant, que vient de donner Radio Svoboda :

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Depuis le début de l'année, 184 personnes sont décédées de mort non naturelle dans les commissariats et les prisons préventives russes.

Quand l’audience reprend après l'interruption du déjeuner, l’accusation fait la lecture de la déposition de Mikhaïl Pomazane, un expert qui travaille à Astelit, une filiale de la compagnie de téléphonie mobile Life. Il y explique pourquoi ce serait une erreur de croire que le téléphone de Nadia (et donc elle-même) était à Lougansk quand les deux journalistes ont été tués : « A cause de problèmes techniques et de sautes du courant électrique, Lougansk peut prendre le relais d’un signal qui vient d’ailleurs. »

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Feygin demande qu’on le fasse venir à la barre pour l’interroger car il a des doutes sur ses qualifications : « Nous disposons de deux lettres, l’une venant de la compagnie "Astelit" et l’autre du groupe "Life". Le texte est le même dans les deux cas : "Aucun Pomazane n’a travaillé et ne travaille chez nous." La défense soupçonne donc cet homme d'être un faux-témoin et demande que ces lettres soient versées aux pièces du procès. Ceci est d’autant plus important que les données du téléphone de Savtchenko fournies par  son opérateur "Life" constituent son alibi. »

L'accusation demande une interruption de cinq minutes, le temps de trouver un prétexte pour refuser cette requête. Puis vient la réponse habituelle :

Procureur : « Cette requête est prématurée, car c’est pour l’instant l’accusation qui présente ses preuves. »

Juge : « Nous ne pouvons pas verser ces lettres aux pièces du procès, car elles ont été obtenues en dehors de toute procédure. »

L’accusation décide maintenant d’énumérer les objets qui ont été soumis aux expertises. Ils sont dans des boîtes. Feygin : « Votre honneur, nous voulons les voir aussi. » Nadia : « Mais non, nous ne voulons pas ! » Feygin : « Si, si, il faut qu’on les voie. »

Il s’agit des portables des deux journalistes et de cartes topographiques. Les procureurs les déploient devant les juges. Feygin : « Nous avons le droit de les voir, nous aussi ? Ou bien c’est réservé à votre petit comité ? » Les procureurs : « Vous n’avez qu’à vous approcher ! »

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Finalement il est décidé d’installer une table près de la cage pour y exposer les "preuves matérielles". La boîte contient un pansement taché du sang de Volochine et des notes que l’accusation prétend être de la main de Nadia, alors que ses propres experts ont déjà prouvé que ce n'était pas son écriture. Quant aux cartes, Nadia dit que ce ne sont pas les siennes : "Ce n'était pas cette carte-là qu'ils ont prise sur moi.  Celle-là vient de Plotnitsky."

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Il y a aussi une clé USB que Plotnitsky a apporté lui-même à Moscou dans sa poche un an après les faits. Feygin : "En dehors de toute procédure... Mais ce genre d'argument n'est recevable que lorsqu'il vient de l'accusation !Certains objets appartiennent même à la soeur de Nadia. Les terroristes les ont pris dans la voiture que Vera avait dû abandonner. L'un d'eux roule sans doute avec depuis !

Mais le véritable évènement de la journée est sans aucun doute celui-ci :

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Dans une interview donnée aujourd'hui par téléphone à la Komsomolskaïa Pravda, Plotnitsky annonce qu'il viendra la semaine prochaine à Donetsk pour témoigner :  

http://m.kp.ru/daily/26457.4/3327436/ 

"Vous n'avez pas peur ?" demande le journaliste. "Et de quoi devrais-je avoir peur ?" répond le gangster.

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Feygin : "J'invite les médias à venir la semaine prochaine à Donetsk. Ce n'est pas tous les jours que le chef de bande d'une république non-reconnue a l'occasion de faire un faux témoignage devant un tribunal."

Prochaine audience : lundi 16 novembre