Viendra ? Viendra pas ? Tout le monde attend le terroriste mafieux Plotnitsky... 

ishot-2

ishot-3

Le secrétaire de presse du terroriste Plotnitsky déclare à un correspondant de la BBC qu'il ne viendra pas aujourd'hui au tribunal.

Les trois avocats de Nadia Savtchenko sont présents à Donetsk. Comme Novikov n'est plus à Moscou pour vérifier si le sinistre Manchine ne s'est pas de nouveau caché dans la salle du tribunal moscovite où Denissov poursuit sa déposition en visioconférence, la défense demande : "Pouvez-vous nous certifier qu'il n'y a aucune tierce personne dans la salle ?" On lui en donne l'assurance. Mais c'est invérifiable...

ishot-5

Quand Feygin demande à Denissov s'il a franchi la frontière en se présentant comme journaliste, ce dernier répond : "C'était compliqué pour la presse d'entrer légalement en Ukraine, alors on a dit qu'on était en visite privée." "Comme c'est charmant !" s'exclame Nadia.

ishot-6

Feygin : "Les gardes-frontières ukrainiens étaient donc dans l'ignorance que des journalistes russes se trouvaient au milieu des combats. S'ils avaient connu leur qualité de journalistes, ils ne les auraient pas laissés passer.

ishot-7

"Ces trois journalistes n'avaient pas été accrédités sur le territoire ukrainien. Après l'interrogatoire de Denissov, il devient complètement évident que la responsabilité de la mort de ses deux collègues repose sur leurs employeurs."

ishot-8

Les avocats veulent voir la video qu'a filmée Denissov pendant les tirs, car celui-ci cherche à fuir leurs questions, ses réponses sont évasives, il ne se souvient pas de tout. "Il se rappellerait sans doute mieux, si nous la regardions ensemble maintenant", suggère la défense. Cette proposition est bien évidemment repoussée par le tribunal.

Pendant l’interruption de l’audience pour le déjeuner, j’ai le plaisir de vous apprendre que la Douma vient de voter un amendement à la constitution russe. En résumé : la Russie s’arroge le droit de ne pas tenir compte des décisions de justice internationales qui iraient contre sa souveraineté et ses intérêts. Juges de La Haye et juges du tribunal européen pour les droits de l’Homme, circulez : la Russie vient de se mettre officiellement en dehors du droit international.  http://www.novayagazeta.ru/news/1698048.html

Quand l'audience reprend, la défense s'adresse à Denissov, lequel avait déclaré devant le tribunal qu'il était incapable de dire à quelle heure précise il s'était retrouvé sous les tirs, que dans l'urgence on ne regarde pas sa montre et que d'ailleurs il ne se souvient pas s'il en avait une : "Vous n'avez donc pas consulté votre montre et votre caméra n'a pas de timer. Pourquoi dans le procès-verbal de votre interrogatoire par Manchine le 23 avril peut-on lire ce genre de précision : à 10h38, quand est tombé le second obus... ?" Denissov : "Ben, on a toujours plus ou moins la notion du temps..." Nadia : "Là, sans regarder votre montre, il est quelle heure ?" Le tribunal annule la question. 

Puis, coup de tonnerre ! 

ishot-10

Le tribunal vient de recevoir une demande du terroriste Plotnitsky : parce qu'il est un homme public (il est tête-de-noeud en chef de la bande du Louganda), il demande à témoigner à huis-clos, car il craint pour sa sécurité.

Novikov : « Pourquoi son statut de chef de bande d’une organisation terroriste lui donnerait-il le droit d’imposer ses propres règles à ce tribunal ? »

Polozov : «  La salle est remplie de policiers, les forces spéciales entourent le bâtiment, des snipers sont sur les toits et il a peur quand même ? J’espère que le tribunal ne cédera pas aux exigences de ce froussard paranoïaque et n’enfreindra pas les droits de la défense !  »

Feygin : « Ce n’est pas pour sa sécurité qu’il a peur, il ne veut pas être montré par la presse en train de faire de faux témoignages, il tient à son image. Mentir devant des juges, ça ne compte pas, c’est la norme ici, mais il faut que la presse en ignore tout. Décider le huis-clos, ce serait jeter une ombre de plus sur la façon dont ce procès est mené. Des témoins ont déposé sous des noms d’emprunt, un autre s’est accoutré d’une perruque et de lunettes noires, nous n’avons rien dit. Mais Plotnitsky est le principal témoin de l’accusation et de ses déclarations dépendra votre verdict. Nous refusons le huis-clos. »

Nadia : « Ne faites pas honte à votre pays, Plotnitsky doit témoigner publiquement. »

Les juges se retirent pour prendre leur décision. A leur retour, ils annoncent qu’ils accèdent à la demande de Plotnitsky, car il risque sa vie en venant devant ce tribunal.

Nadia : « Honte à vous ! »

ishot-14

Polozov : « En vertu de l’article 164 UPK, je demande la récusation des trois juges. Aucun témoin n’a jusqu’à aujourd’hui émis de crainte quant à sa sécurité. Votre troïka de juges a systématiquement repoussé nos requêtes et satisfait à toutes celles des procureurs. Elle a perdu toute légitimité et toute légalité. »

Novikov : « C’est le cœur serré que je me joins à cette demande de récusation. Nous avions encore l’illusion que vous nous donneriez le droit de défendre notre cliente, nous ne l’avons plus. Votre partialité vous interdit de siéger plus longtemps dans ce procès. »

Feygin : « Nous savons que vous avez déjà rédigé le verdict. »

Nadia : « Egor Roussky, qui est maire quelque part en Ukraine, n’a pas demandé le huis-clos quand il a déposé, bien qu’il soit lui aussi une personne publique. Et là, le chef d’une entité bizarre que personne ne reconnaît peut vous imposer sa loi ? Dès que cette farce judiciaire a commencé, j’ai dit que je n’avais aucune confiance dans ce tribunal parce que la justice en Russie n’avait aucune indépendance. Vous n’êtes pour moi que des marionnettes ! »

Le juge-président : « Vous insultez les juges, je vous donne un avertissement. De plus vous parlez politique et c’est interdit. »

Nadia : « Des marionnettes, oui ! Je soutiens la demande de mes avocats. Je vous récuse. »

ishot-13

La farce est à son apogée : les juges se retirent pour décider s’ils veulent être récusés et quand ils reviennent, ils déclarent refuser de s'auto-récuser, parce que, voyez-vous, ce ne serait pas légal !

ishot-11

Les journalistes et le consul ukrainien sont donc chassés de la salle. Feygin réussit quand même à prendre à la sauvette une photo du clown. Les avocats sont priés de ne pas enregistrer avec un dictaphone les paroles de Plotnitsky et de ne prendre aucune note. Les procureurs demandent même qu’ils déposent leurs téléphones et tout ce qui permet de communiquer sur Internet. Les juges s’excusent auprès d'eux : « Euh, non, désolés, on peut quand même pas… Ce sont des avocats… Mais ne vous inquiétez pas, ils n’auront pas le droit de les utiliser et la loi leur interdit de révéler quoi que ce soit de ce qu'aura dit le témoin.» 

Polozov sort de la salle, son emploi du temps l’oblige à partir plus tôt : « C’est actuellement l’accusation qui l’interroge. Il répète tout simplement ce qu’il a dit lors de son interrogatoire par l’enquêteur et qu’on peut lire dans le procès-verbal : il a donné l’ordre de libérer Nadia et de lui rendre son téléphone et ses sim-cartes. Bref, la version officielle. Il s’adresse davantage à Nadia qu’aux procureurs, il fait des efforts pour se comporter le plus correctement possible. Pour l’instant, la situation est calme… »

ishot-12

Anton Naoumlyouk, Radio Svoboda : "Les hommes de main de Plotnitsky montent la garde dans le couloir. Ils se demandent quelle somme d'argent ils peuvent demander à ceux qui veulent passer pour aller aux toilettes. On ne se refait pas !"

L'interrogatoire de Plotnitsky se poursuivra demain, toujours à huis-clos. Le terroriste quitte la salle par une porte de secours, tandis que ses dames-pipi font un rempart de leurs corps pour le protéger.

ishot-15

Feygin : « Nous commenterons quand même l’interrogatoire de Plotnitsky et nous l’enregistrerons. Aujourd’hui, en plus de bien réciter sa leçon (il a dû beaucoup répéter) et de reproduire mot pour mot ce qu’il avait déclaré pendant l’enquête, il a longuement parlé de la naissance  des USA en tant qu’état,  se comparant aux pères fondateurs qui ont mis les Anglais à la porte, puis il a critiqué le rôle néfaste que nous jouons dans la défense de Nadia, car nous avons politisé son procès. Quand aux procureurs, ils veulent porter plainte contre moi parce que j’ai publié une photo de Plotnitsky sur le net. »

That's all for today, folks ! Ce cartoon vous a été offert par les Studios Poutine Huïlo.