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Nadia, en arrivant dans sa cage : « Avec un temps pareil, on devrait aller aux champignons plutôt que d’être dans ce tribunal ! »

Ses avocats Feygin et Polozov sont là, Novikov doit arriver un peu plus tard.

Les procureurs demandent que la photo de Plotnitsky que Feygin a publiée sur le net soit versée aux pièces du dossier pour la future inculpation des deux avocats, laquelle sera annoncée en même temps que le verdict contre Nadia.

C’est à nouveau un expert qui se présente en visioconférence depuis le tribunal Basmanny de Moscou. Le criminaliste Alexandre Bobkov a analysé des photos-satellite américaines prises entre le 16 et le 19 juin 2014 : « Il y a 3 mâts d’une certaine hauteur dans ce secteur de Lougansk. Le plus haut et le plus proche du block-post de Metallist est situé à Stoukalova Balka. »

Polozov : « Pourquoi avoir choisi des photos de satellites américains ? »

Bobkov : « Ce n’était pas un choix, il n’y en avait pas d’autres. Aucun satellite russe ne semble s’être trouvé au-dessus de la région cet été-là. »

Cet expert répond franchement aux questions que lui pose la défense, ne fait aucune hypothèse et décrit exactement ce qu’il a pu apercevoir sur les photos sans en tirer de conclusions. Sa neutralité objective est saluée par Nadia quand il quitte la barre : « Merci beaucoup. Vous êtes le premier véritable expert à témoigner devant ce tribunal. »

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Ilya Novikov s'adresse soudain au juge : « Votre Honneur, nous rencontrons une situation inédite pour nous : Si vous vous souvenez, un homme a témoigné les 6 et 7 octobre sous le nom de Potchetchouïev, officier du FSB, il portait perruque et lunettes noires. Ayant rencontré le véritable Potchetchouïev, lequel est nettement plus âgé que l’homme qui s’est présenté à la barre, j'ai fait procéder à une expertise graphologique de deux signatures, celle qu’il a apposée en octobre après avoir témoigné et celle qui figure sur un procès-verbal de juin 2014, lorsqu’il a consigné les déclarations de Bobrov et de Roudenko, les deux automobilistes censés avoir pris Savtchenko en stop. Nous venons de recevoir les résultats de cette expertise : la dernière signature est une contrefaçon appliquée. L’homme qui s’est fait appeler Potchetchouïev est donc peut-être un imposteur. Je demande au tribunal de joindre aux pièces du procès cette expertise graphologique. » Novikov tend le document au juge. Ci-dessous une capture d'écran des deux signatures :

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Le procureur : « C’est à la défense que ces résultats ont été adressés, je ne vois donc pas pourquoi le tribunal devrait en tenir compte, d’autant plus qu’ils ont été obtenus en dehors de toute procédure juridique. » Le juge rend le document à Novikov, sans même y avoir jeté un coup d'oeil.

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Et pendant ce temps-là, à Grozny où Vera Savtchenko assiste au procès de Karpiouk et de Klykh... Le tribunal affirme qu’elle a crié le 28 octobre au juge Vakhit Ismaïlov qui l'expulsait de la salle : « Vous n’êtes pas un juge, mais un trou du cul ! » Elle est emmenée dans une salle attenante pour y être interrogée. Quand elle en sort, on lui annonce qu'une enquête est ouverte contre elle pour outrage à un juge et qu'elle a l’injonction de se présenter obligatoirement à toute convocation. Elle risque, au choix (tout dépendra de ce que Poutine demandera à Kadyrov d'ordonner aux juges de Grozny) : amende de 200.000 roubles ou travail d’intérêt public de 480 heures ou arrestation pour 6 mois. Si cela pouvait l’empêcher de témoigner au procès de sa sœur, l’accusation en serait fort satisfaite. Mais oseront-ils aller jusque là ? Ils en sont capables…

On projette à présent la vidéo de prisonniers ukrainiens filmés par un séparatiste. Le premier est blessé. « Tu t’appelles Ilya, tu es de la Garde Nationale ? Pourriture, on pourrait t’achever ! Tu n’es qu’une merde ! Mais non, on a besoin de toi vivant pour t’échanger… Tu m’entends, Ilya ? Tiens, il a crevé ! » Un autre prisonnier demande de l’eau, il dit qu’il a deux enfants : « Tant pis pour toi ! »

Nadia commente : « Cet homme n’est jamais revenu de captivité. Les Tchétchènes ont déclaré après qu’ils l’avaient achevé sur place. »

Un séparatiste à un autre prisonnier : « Tu vois, dieu est de notre côté, pas du tien ! »

(Les buts des procureurs m’échappent complètement : la bande sonore de ces vidéos montrent le caractère de brutes sauvages des séparatistes. Que cherche à prouver l'accusation ?)

La vidéo suivante est une interview de Nadia par Lie News dans la prison de Voronèj en été 2014. Par comparaison, son ton posé (elle explique comment elle a été enlevée et pourquoi, en tant que militaire, il ne lui viendrait pas à l'idée de tirer sur un civil) souligne encore plus la différence avec la video précédente. A la question du journaliste : "A votre avis, qui a tiré sur le MH17", elle répond : "Ce ne sont pas les séparatistes. Tirer au jugé avec un mortier et arroser tout ce qui bouge, ça c'est dans leurs compétences. Mais le Buk est un système compliqué qui demande la présence d'un personnel extrêmement qualifié." Elle n'en dit pas davantage, elle est prisonnière en Russie, mais on devine ce qu'elle sous-entend... https://www.youtube.com/watch?v=2ha26SVV5a8

D’autres vidéos suivent, pour certaines Nadia demande : « Mais quel rapport avec moi ? »

Quand finalement, le tribunal montre les photos contenues dans son portable. Nadia commente : "Les séparatistes y ont chargé eux-mêmes des images, seules quelques unes ont été vraiment prises par moi."

C'est ainsi que s'achève l'audience, à demain pour la suite...

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