Feygin a tweeté hier soir : « Pour prouver définitivement l’innocence de Nadia Savtchenko, il faudrait que nous, ses avocats, puissions avoir accès aux lieux où se sont déroulés les évènements du 17 juin 2014. Nous voudrions que Plotnitsky nous autorise, avec des représentants de l’OSCE, à nous rendre à Stoukalova Balka près de Lougansk. En tant qu’avocats de Nadia, nous ne le pouvons pas, bien que le tribunal de Donetsk n’en soit éloigné que d’une soixantaine de kms. Si le chef de la LNR nous permettait d’approcher du fameux mât d’antenne qui, selon l’accusation, aurait permis à Nadia de corriger les tirs, il prouverait sa volonté de faire triompher la justice, comme il l’a déclaré lors de sa déposition. Je vais donc attendre la réponse de Plotnitsky. Il sait où nous sommes et comment me contacter. »

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L'audience d'aujourd'hui commence par... une interruption de 3 heures.

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J'aime tant l'Ukraine !

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Novikov, qui est dans la salle du tribunal Basmanny à Moscou, annonce que pour des raisons techniques il est impossible pour l'instant d'entendre la suite du témoignage de Roman Spirine en visioconférence. Un spécialiste attend dans le couloir pour faire les branchements. 

A propos de réparations. Non, non, ils ne craignent pas l'arrivée imminente des camionneurs en colère, c'est juste une coincidence :  Moscou a décidé inopinément d'entreprendre des travaux sur les voies d'accès à la capitale, fermant ainsi de nombreuses artères. La carte de ce matin : 

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Quant aux routiers, ils n'utilisent plus leur CB, qui est écoutée par la police, et sont désormais en mode silence. 13 personnes qui portaient des pancartes de soutien aux camionneurs ont été arrêtées hier à Moscou et passent aujourd'hui en jugement immédiat.

En Crimée, où les réparations vont si bon train que l'électricité est encore absente dans de nombreux endroits : Axionov a donné une semaine de vacances à tous les employés du service public et poussé une énorme gueulante contre la chaîne poutinienne NTV. 

http://lenta.ru/news/2015/11/29/ntv/

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Dans son reportage un journaliste déclarait que les organes du pouvoir criméen se sont croisés les bras en attendant l'arrivée de ministres de la Fédération russe, qu'ils n'ont pris aucune initiative, qu'en 20 mois ils n'ont rien fait pour trouver des solutions dans le cas où l'Ukraine couperait un jour l'électricité. Bref, des incapables...

Axionov : « Ce type se prend pour un grand journaliste, c’est un menteur et un saboteur qui s’est infiltré à NTV pour ternir l’image de la Crimée et calomnier son gouvernement. Nous allons porter plainte. »

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Fiat lux ! Hourra !

Les routiers de Saint Petersbourg qui voulaient bloquer ce matin le grand périphérique de Moscou sont interceptés par la police aux abords de Moscou et leurs leaders arrêtés sous différents prétextes. La coordination interrégionale du mouvement de protestation maintient son mot d'ordre pour le 3 décembre, Poutine a donc 3 jours pour supprimer la taxe Platon

www.rbc.ru/politics/30/11/2015/565c10b39a7947aba947671e

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Alexandre Kotov, patron du syndicat des routiers : "Ils savent qu'ils risquent de se faire tirer dessus, mais ils n'ont plus rien à perdre."

14 heures (heure de Moscou) : l'audience reprend à Donetsk. 

Je ne traduis que ce passage de la déposition de Spirine, lorsque Savtchenko lui demande : « Vous avez déjà corrigé le tir en vous hissant sur un point élevé ? »

Spirine : « Oui.

- En combien de temps pouvez-vous grimper à un mât d’antenne de 40 mètres ?

- Ça dépend de l’entrainement. Je ne suis pas un alpiniste, mais je dirais un mètre à la seconde.

- Oh, vous êtes super entraîné ! Et avec un bras blessé ?

- Je ne sais pas. »

La défense essaie d’obtenir de l’expert une réponse claire : combien Nadia Savtchenko devait-elle avoir de mains pour se maintenir sur le mât, tenir ses jumelles et transmettre les coordonnées de la cible par téléphone. La liaison avec Moscou disparaît, revient, s’interrompt à nouveau. Quand elle est rétablie, Spirine répond : « Une fois installé sur le mât, plus besoin de le tenir, on a les deux mains libres.

- Ce mât, vous l’avez-vu ?

- Sur les photos-satellite, oui.

- Vous pouvez le décrire ?

- Non.

- Il est muni d’encoches ?

- Je ne sais pas, je ne l'ai vu qu'en photo, mais l’expert Bobkov a déterminé que c’était le meilleur endroit pour corriger les tirs. »

Nadia : « Donc, je suis à l’intérieur des lignes séparatistes. Je monte en 40 secondes au sommet d’un mât, je m’y installe tranquillement sans qu’aucun combattant ne m’y remarque ? »

Spirine fait celui qui n’entend pas : « Ce mât était l’emplacement idéal pour corriger les tirs. »

Nadia : « J'avais un bandana jaune. Est-ce bien recommandé de porter une couleur aussi visible quand on veut passer inaperçu pour corriger le feu ? »

Spirine : « Non, ce n'est pas recommandé dans les manuels.»

Des témoins que l’accusation souhaitait faire déposer ne peuvent pas venir. Le premier, Oleg Kissedobrev, du haut-commandement de la 5ème armée de la région militaire de l'Est, ne peut pas être présent en raison de circonstances exceptionnelles, il est en mission hors du territoire de la Fédération de Russie jusqu’en avril 2016. Le second, Vyatcheslav Jelezny, est quelque part au Louganda, personne ne sait où exactement. 

Polozov : « Pour le 1er, il n’y a rien à faire, mais vous devez retrouver l'autre. Nous constatons que l’accusation est incapable de retrouver ses propres témoins, elle les laisse filer dans la nature, ce qui nous interdit de les interroger. Je conseillerais au tribunal de demander à Plotnitsky d’aller jeter un coup d’œil dans les caves de Lougansk, Jelezny y est sans doute, s’il est encore de ce monde. »

Le juge autorise l'accusation à lire les procès-verbaux des interrogatoires des deux absents, en dépit des protestations de la défense. 

Dans sa déposition, Kissedrobev déclare que tout pilote d’hélicoptère travaille comme correcteur de tirs pour l’artillerie. Nadia proteste : « Qu’est-ce que c’est que ces affirmations ? Avec de telles âneries, je serai bientôt pilote de bombardier ! »

Jelezny, ingénieur dans la filiale de Lougansk de l’opérateur de téléphonie mobile MTS : « Pour la période en question, notre filiale n’a pas les capacités techniques de connaître les données du portable de Savtchenko ni de savoir quels relais ont retransmis ses appels. Seule la direction de MTS à Kiev possède ces informations. »

Le dernier expert de la journée, Tcherapachouk, directeur de l’Institut d’astronomie Sternberg de Moscou, également absent, déclare dans sa déposition que l’ombre portée par le soleil ne permet pas de déterminer à quelle heure la vidéo de la capture de Nadia Savtchenko a été prise.

L’audience suivante est après-demain, le mercredi 2 décembre.

Aujourd’hui, pour la 1ère fois, des SU 34 russes se sont envolés pour la Syrie avec un chargement de missiles air-air.  

http://www.rbc.ru/rbcfreenews/565c65669a79471c27f332bc