Il est rare d’avoir une vidéo des audiences du procès de Nadia Savtchenko. En voici une, filmée hier : https://www.youtube.com/watch?v=2-Akw2UhlMc

ishot-3

ishot-2

A partir de 6’30'' et pendant 4 minutes, Nadia s’adresse à la Cour en ukrainien, l’interprète traduit :

« Arrêtez d’insulter la langue ukrainienne ! A Moscou, les policiers qui me conduisaient de ma cellule au tribunal ont traité ma langue de patois d’indigènes, d'idiome de barbares. Et vous faites de même ici, en refusant d’accepter des documents en ukrainien ou en prétendant que, parce qu’ils viennent d’Ukraine, les témoins ne sont pas dignes de confiance et ne méritent pas que leurs dépositions soit jointes aux pièces du procès. Ça suffit ! Respectez ma langue ! Votre Russie multinationale interdit théoriquement de léser le droit des minorités nationales à s'exprimer dans leur langue ! Vous qui calomniez l’Ukraine en prétendant qu’elle interdit à ses citoyens de parler russe, de quel droit vous autorisez-vous ce mépris envers l'ukrainien ? Non, je ne me tairai pas ! C’est à vous de m’écouter ! Je ne veux plus entendre cette maudite phrase "requête rejetée, car le document est en ukrainien". Vous menacez de me faire sortir de la salle ? J’avertirai le Comité des droits de l’Homme que tous mes droits sont bafoués par votre tribunal. »

Iaroslav Grigoriev, le militaire ukrainien qui témoignait hier :

ishot-4

Oleg Poulinets (et non Oulenets, comme je l'avais orthographié hier) et Sergueï Tchapak, dont les témoignages ont permis de prouver que Nadia n'aurait pas pu escalader l'antenne de Stoukalova Balka :

ishot-5

Novikov : « Les plaidoiries finales commenceront probablement à la mi-février et le verdict tombera à la fin du mois. A partir de ce moment, ce sera à la diplomatie d’intervenir. Notre rôle à nous, ses avocats, sera de garder le contact avec Nadia, de l’informer sur ce qui se passe à l’extérieur et de veiller sur elle, car elle aura alors commencé une grève de la faim totale et ne prendra plus aucun liquide. Nous n’avons pas à rougir du travail que nous avons accompli : les dés étaient pipés dès le début, mais nous sommes parvenus à démontrer l’alibi de Nadia et tout observateur impartial ne pourra qu’en convenir à la lecture des procès-verbaux des audiences. » 

Lundi 1er février, Nadia Savtchenko sera interrogée, pour la seconde fois. A la différence de sa première audition au début du procès, elle aura enfin le droit de se référer aux pièces du procès qui ont été produites devant le tribunal. Puis ce sera la plaidoirie de ses avocats et enfin le réquisitoire des procureurs. Selon Feygin, comme l’accusation a été incapable de prouver la culpabilité de Nadia Savtchenko et sa présence sur le mât d’antenne pour corriger le feu, il est probable que, d’ici là, l’accusation sortira de sa manche un témoin miraculeux qui l’aura vue perchée sur ce mât…

klimkine

Il y deux semaines, Pavlo Klimkine, ministre ukrainien des Affaires Etrangères, a adressé cette lettre à ses collègues européens : il leur demande d'envoyer des représentants de l'Union Européenne à Donetsk pour qu'ils soient présents lors de la lecture du verdict.