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Polozov : « J’ai vu Nadia. Elle se rétablit. Elle boit de l’eau et un mélange de vitamines, elle a bien meilleure mine que la semaine dernière. Elle n’a plus de fièvre, la tension est encore basse, mais Nadia dit que c’est normal. Elle a beaucoup ri des tentatives du FSB et de ses "farceurs" de les discréditer, elle, ses avocats, les consuls et tous ceux qui la soutiennent. Elle a appris avec un grand étonnement que ses avocats lui auraient demandé de reconnaître sa culpabilité, c’est pour elle un mensonge éhonté de plus. Elle affirme qu’elle ne changera pas sa position d’un pouce et, à voir son état d’esprit aujourd’hui, elle est prête à renverser des montagnes. » Elle précise dans sa lettre qu’elle n’a pas cessé sa grève de la soif à cause de la pseudo-lettre de Porochenko, c’était sa propre décision.

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Elle adresse une courte note à Feygin, qui lui avait demandé s'il était encore digne de la défendre, alors qu'il avait été trompé par les falsificateurs du Kremlin : « Mark, tu es idiot ou quoi ? Tu voudrais que je me prive d'un professionnel comme toi à cause d'une farce stupide ? On continue à travailler, Mark ! Et ne repose plus des questions aussi  idiotes ! »

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Le verdict sera prononcé pendant deux jours, le 21 et le 22 mars. 

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Vladimir Bortko est un réalisateur qui a adapté pour la télévision deux romans de Boulgakov : Cœur de chien et Le Maître et Marguerite. Dans le premier, Bortko peignait une Russie soviétique où la stalinisation des esprits avait fait de la bassesse et des instincts bestiaux des vertus cardinales et, dans le second, il avait transformé le Woland boulgakovien en un personnage où l’on pouvait reconnaître un Staline terrifiant et démoniaque. Estimé de tous pour sa lucidité et l'acuité de son jugement, il vient de subir une métamorphose qui laisse le monde du cinéma pantois : Le 26 février, il participe à une émission sur la chaine russe NTV consacrée au XXème congrès du PCUS, lequel avait condamné les répressions staliniennes. Et voici ce qu’il déclare :   

http://www.svoboda.org/content/article/27608812.html 

« Il fallait liquider tous ces gens, l’époque l’exigeait. » Les deux journalistes qui l’interviewent, Minaïev et Chevtchenko, pourtant deux crapules de la propagande poutinienne, en restent bouche bée. « Mais comment pouvez-vous dire une telle chose, vous, le réalisateur de Cœur de chien ? » Bortko : « Oui, et je me repens d’avoir fait un tel film. » Les journalistes : « Mais si pour le bien de l’Etat il aurait fallu liquider votre famille, vous auriez été d’accord ? » Bortko : « Pour le bien de l’Etat ? Mais oui, bien sûr ! »

Voici ce même Bortko à la tribune de la Douma le 25 février, sanglotant son amour pour Staline : https://www.youtube.com/watch?v=cXROthoBqno « Il a fait tant de bien ! C’est le symbole de la Russie ! Il a industrialisé notre pays, il a vaincu l’ennemi et conquis le cosmos ! Le répudier serait nous répudier nous-mêmes ! »