1944

opera

A midi l’Ukraine a honoré la mémoire des victimes de la déportation des Tatars de Crimée par une minute de silence, suivie d’un concert de klaxons, puis d'un rassemblement sur Maïdan. Un concert-requiem sera donné ensuite à l’Opéra de Kiev.

1944 train

1944 kiev pancarte

1944 kiev

Миллет ! Ватан ! Къырым ! (Peuple, Patrie, Crimée !)

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Hier se sont déroulées à Grozny les dernières plaidoiries du procès contre Nikolaï Karpyouk et Stanislav Klykh, les deux Ukrainiens accusés d’avoir combattu contre l’armée russe pendant la dernière guerre de Tchetchénie. http://www.svoboda.org/content/article/27741302.html

procès

Le procureur Salambek s’est contenté de dire que leur culpabilité avait été prouvée, le procureur Blinnikov a lu avec gourmandise leurs aveux complets (obtenus sous la torture à l’électricité) d’où il appert qu’ils ont tué une trentaine de soldats russes dans la nuit du 31 décembre 1995 au 1er janvier 1996 sur la place Minutka, lors d’affrontements qui, selon tous les journalistes russes et étrangers qui ont couvert cette guerre, se déroulèrent à la mi-janvier. Le principal témoin de l’accusation, qui a déclaré les avoir vus le 31 décembre 1995 à Grozny, fêtait le Nouvel An en famille à ce moment-là en Ukraine mais Blinnikov a balayé ce fait : « C’est une légende inventée par le SBU, tous les services secrets font ça ! ». La défense a bien essayé de montrer, preuves à l’appui, qu’aucun Russe n’était mort cette nuit-là sur la place Minutka et que les victimes présumées de Klykh et Karpiouk avaient reçu leurs blessures ailleurs et un autre jour, l'argument a rencontré autant de succès que l'alibi de Nadia Savtchenko lors de son procès.

Ilya Novikov, s’adressant au jury populaire : « Cette idée d’accuser deux Ukrainiens de crimes inexistant n’est pas née ici en Tchétchénie, elle vient d’ailleurs, elle a été inspirée par des personnes extérieures qui ont besoin que, par vos votes, vous réalisiez leur plan. Je vous demande de reconnaître l’innocence de Karpyouk et de Klykh. » Les deux otages se sont ensuite exprimés pour la dernière fois.

karpyouk klykh

Klykh : « Avant ce procès, je n’étais jamais venu en Tchétchénie. »

Karpyouk : « Ce n’est pas pour des faits qui se seraient produits il y a 20 ans que je suis jugé, c’est parce que je suis ukrainien et que la Russie fait la guerre à l’Ukraine. Je n’éprouve aucune colère envers ceux qui m’ont torturé pour me contraindre à de faux aveux. Si j’ai finalement signé tout ce qu’ils voulaient, c’est qu’ils menaçaient de s’en prendre à mon petit garçon. » 

https://www.youtube.com/watch?v=_FCF1qtVKeA

Aujourd’hui un jury populaire décidera de leur sort…

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Orekh

En écho à nos commentaires hier sur les « cosaques », la réplique d’Anton Orekh : http://echo.msk.ru/programs/repl/1767136-echo/

 

Sous tous les gouvernements, il y a des catégories de citoyens qui ont spécialement la belle vie. Sous le pouvoir actuel, cette belle vie spéciale a échu à des parasites, qui ont très vite compris que ce pouvoir avait été conçu pour eux. Ces demi-fous vivaient tranquillement, mais soudain leurs pauvres cervelles ont été traversées par une révélation : le pays étant en plein boum de spiritualité, il fallait virer religieux. Et maintenant, où que l’on jette les yeux, ils sont là. L’écume aux lèvres et l’icône à bout de bras, ils menacent, au nom de la foi, de planter leurs crocs dans l’artère orthodoxe de tous et de chacun.

Il y avait autrefois des motards à bandana qui buvaient de la bière coupée de vodka en écoutant de la musique américaine. Ils ont échangé leur bandana contre un ruban de Saint Georges et se sont transformés en motopatriotes. Sans renoncer à la vodka. Les cosaques sont du même style.

J’ai un voisin. Un type apparemment normal. Un jour,  il a laissé pousser sa barbe jusqu’à la ceinture, a fait coudre des bandes rouges le long de ses pantalons et s’est affublé du couvre-chef des cosaques. J’ai eu l’impression d’avoir changé de quartier et de me retrouver dans "Le Don paisible" : il se balade fièrement, comme s’il allait combattre pour cette "Russie que nous avons perdue".

Mais d’où vient donc cette floppée de Cosaques ? D’où sortent-ils ? Le pouvoir soviétique a fait exécuter ceux qui n’avaient pas eu le temps de s’enfuir à l’étranger. La cosaquerie ayant été liquidée en tant que classe, d’où viennent tous ces types déguisés et bardés de médailles ? Vu la quantité de breloques, on dirait qu’ils ont commencé à mener leurs premières batailles à l’époque de Catherine II. Mais ils n’ont pas 250 ans, même si les ravages de l’alcool qu’on voit sur leurs visages pourraient le laisser croire.

Ces faux-cosaques font le même boulot que leurs compères de l’orthodoxie triomphante : crucifix, icones, hurlements d’illuminés et bien sûr la "nagaïka" (fouet cosaque) pour s’attaquer aux plus faibles : ils aiment spécialement fouetter les femmes et les tirer par les cheveux. Ou alors se jeter, comme ils l’ont fait à Anapa, sur des gens moins nombreux qu’eux.

Et ils n’ont même pas le courage de leurs actes. Au lieu de dire : « Oui, nous avons frappé ces traîtres et les frapperons encore jusqu’à ce que nous ayons anéanti cette 5ème colonne », ils commencent par rouer de coups les gens sous le regard de la police et geignent ensuite piteusement : « C’est eux qui ont commencé les premiers ! »

Bref, des sauvages au service de la Patrie…

cosaques

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Douguine vient de se voir refuser l'entrée en Grèce. La presse de collaboration s’insurge ici en français : 

http://katehon.com/fr/news/alexandre-dougine-vu-son-entree-refusee-sur-le-territoire-de-la-grece

Pourtant, si l'on en croit ce lien http://gordonua.com/news/worldnews/dugina-so-vtoroy-popytki-pustili-v-greciyu-132894.html, confirmé ici http://katehon.com/news/after-eight-hour-wait-alexander-dugin-entered-territory-greece

Douguine a finalement été admis sur le territoire européen. Il se trouve actuellement à Thessalonique. L'explication :  Il ne figurait que sur les listes de sanctions du Canada et des USA. Quant à l’Europe, elle ne voit sans doute pas de quel droit elle devrait interdire à l’idéologue fou de Poutine d’installer chez elle la subversion.  

A propos : à droite sur cette photo, Frédéric Lordon à Moscou en 2009. Nous n'en tirerons évidemment aucune conclusion...

lordon moscou