Quand Nadia Savtchenko croque les juges et les procureurs (photo prise avant-hier) :

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Les roquets-procureurs : un Cerbère à trois têtes.

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Aujourd'hui, il n'y a que deux procureurs, Iounochev est absent. (Il avait saigné du nez avant-hier : commencerait-il à somatiser ?)

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"Votre Honneur, peut-on faire une pause technique ?"

L'audience commence par une requête d'Ilya Novikov : "Vera Savtchenko a finalement été autorisée à entrer en Russie avant-hier dans des circonstances assez étranges. Comme il n'est pas dit que cette situation ne se répètera pas ultérieurement, je demande que soit changé l'ordre du jour et qu'on l'interroge aujourd'hui puisqu'elle est présente dans la salle.La requête est repoussée.

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Le témoin suivant est Sergueï Vassilievsky, un séparatiste originaire de Dniepropetrovsk qui combattait dans le bataillon Zarya à l’époque des faits. Après son interrogatoire par l’accusation, qui n’apporte rien de plus, c’est au tour de la défense de lui poser des questions.

Ilya Novikov : « Vous avez dit être capable de faire la différence entre des tirs chaotiques et des tirs corrigés. A quel moment avez-vous constaté ces derniers ? »

Vassilievsky : « La nuit ils étaient chaotiques, mais au matin ça a changé, on a tout de suite compris que quelqu’un corrigeait les tirs. »

Novikov s’adresse soudain au juge : « Votre Honneur, j’ai une requête : pourriez-vous demander au témoin de montrer ces papiers qu’il consulte quand il répond à mes questions ? »

Le procureur : « Le témoin a le droit de lire ses notes. » La requête est repoussée.

Nadia Savtchenko : « Vous dites que vous m’avez vue la première fois avec un bandana sur la tête et la seconde fois sans. Vous ne confondez pas ? Car à partir du moment où on me l’a mis sur la tête, on ne me l’a plus enlevé ! »

Vassilievsky : « Je sais ce que je dis. »

Nadia : « J’en conclus qu’en fait vous ne m’avez pas vue ! »

Le témoin suivant doit demeurer inconnu, il n’est visible que par les juges qui le regardent sur l’écran d'un moniteur. La presse doit quitter la salle et se rendre dans la pièce attenante … où la vidéo-transmission est coupée.

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La voix de l'homme mystérieux est déformée. Il propose qu’on l’appelle Piotr Sourkov. Nadia pense l'avoir reconnu, son nom de code est "Svyazist" ("le Radio"), c'est lui qui tenait la caméra quand elle était interrogée par Plotnitsky. 

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Nadia : « Quand vous filmiez, à quel endroit de la pièce était accrochée la pendule ?

- Une pendule, euh, non, je ne me souviens pas …

- Mais vous l’avez filmée, elle indiquait quelle heure ?

- Je ne me souviens pas. »

Novikov : « Qui a conduit Savtchenko au quartier général du bataillon Zarya à Lougansk ?

- Je ne sais pas.

- Combien de temps a duré son interrogatoire ?

- Je ne sais pas.

- A part vous, Savtchenko et Plotnitsky, qui y avait-il encore dans la pièce ?

- Je ne sais pas.

- A part Plotnitsky, qui d’autre lui posait des questions ?

- Je ne sais pas.

- Elle avait les mains liées ?

- Je ne me souviens pas. Je sais que quelqu’un lui a donné à boire, mais je ne sais pas qui.

- Elle avait les yeux bandés ?

- Non, je les ai filmés en gros plan. Ils étaient remplis de colère. »

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"Le son est tellement mauvais qu'on a l'impression que c'est R2D2 de la Guerre des Etoiles qui est interrogé."

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L'audience reprend après la pause-déjeuner. Le son n'est guère meilleur et Sourkov continue à répondre aux questions précises de la défense par des "Je ne sais pas, je ne me souviens pas" ... En raison des contradictions entre ses déclarations d'aujourd'hui et les deux procès verbaux de ses interrogatoires lors de l'enquête, les avocats de Nadia demandent qu'on fasse lecture de ces derniers. La demande est rejetée.

Le tribunal passe maintenant à la fastidieuse énumération de pièces du procès. L'accusation paraphrase le contenu de videos qu'il serait plus simple de projeter et décrit une carte de Lougansk au 100.000ème fournie par le ministère russe de la défense sans la montrer.

Le procureur lit le procès verbal signé par Plotnitsky en mars 2015 où sont énumérés les objets saisis sur Nadia Savtchenko le 17 juin 2014 et qu'il a remis aux enquêteurs.

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Polozov : "Bizarre, vous avez dit bizarre ? Plotnitsky prétend qu'il a laissé partir Savtchenko, mais il garde ses affaires et les remet ensuite aux enquêteurs..."

Quand est lu le procès verbal (217 pages en format A4) énumérant la liste des relais de téléphonie portable de l'opérateur MTS avec leur localisation fournie par un certain Jelezny, la défense proteste, car ce témoin n’a pas encore été entendu. Le tribunal ne tient aucun compte de cette objection et le procureur poursuit la lecture. Dans son marmonnement, on n'entend que des chiffres et les mots valeur et azimut qui reviennent sans cesse. Cela va durer plus d'une heure. Le public est azimuté. Ce qui est le but...

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Novikov : "Le plus drôle, c'est que lorsque nous voudrons montrer au tribunal le document de 10 lignes seulement indiquant les azimuts qui confirment à 100%  l'alibi de Nadia, cela nous sera refusé."

Après la lecture de la base de données des relais MTS, le procureur passe à celle de l’opérateur Life, établie par un certain Pomazane. 

Le procureur ouvre le 8ème tome. Il énumère maintenant divers échanges de correspondance entre les services du Comité d’enquête concernant la couverture médiatique de l’affaire. Soudain, à 20 minutes de la fin de l'audience, la retransmission du procès par le système de video intérieure est rétablie dans le local pour la presse.

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L'audience s'achève par la lecture de l'interview donnée à la BBC par Melnitchouk, le commandant du bataillon Aïdar. 

A demain pour la suite...

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